VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : COMBLER LE FOSSÉ ENTRE LES LOIS ET LES RÉALITÉS COMMUNAUTAIRES

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Par Assane Diop

Dakar a accueilli, ce jeudi 18 juin 2026, la quatrième édition du Forum international sur les violences machistes et l’égalité de genre. Cette rencontre de haut niveau a réuni responsables institutionnels, élus territoriaux, organisations féminines, acteurs communautaires, experts nationaux et internationaux autour d’un objectif commun : renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Organisé par l’Institut des Inégalités et le Réseau Siggil Jigéen (RSJ), en partenariat avec plusieurs organisations de la société civile et des partenaires internationaux, le forum s’est tenu sous le thème : « Contribuer à la réduction de l’écart entre le cadre légal et les réalités communautaires ».

L’événement vise à favoriser une réflexion approfondie sur les moyens de rendre plus effective l’application des textes de loi relatifs aux droits des femmes et à la lutte contre les violences basées sur le genre.

SAFIETOU DIOP APPELLE À UNE RESPONSABILITÉ COLLECTIVE

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la présidente du Réseau Siggil Jigéen, Safietou Diop, a insisté sur l’urgence de renforcer les actions en faveur de la protection des femmes et des filles.

Selon elle, la lutte contre les violences basées sur le genre ne saurait être efficace sans une mobilisation collective impliquant l’État, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les familles et les communautés.

« La lutte contre les violences nécessite une responsabilité collective », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de la sensibilisation, de la prévention et de l’accompagnement des survivantes. Elle a notamment plaidé pour une implication accrue des leaders communautaires dans les stratégies de prévention.

DOUNE PATHÉ MBENGUE MET L’ACCENT SUR LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

Le maire de Cambérène, Doune Pathé Mbengue, a pour sa part rappelé que la réponse aux violences faites aux femmes doit être construite au plus près des populations.

L’édile a souligné le rôle déterminant des collectivités territoriales dans l’identification des situations de vulnérabilité et l’accompagnement des victimes. Il a plaidé pour un renforcement des mécanismes locaux de prévention, d’écoute et de prise en charge adaptés aux réalités des territoires.

Pour lui, la protection des femmes et des filles constitue un enjeu majeur de développement local et de cohésion sociale.

ANNA ROSÉS PLAIDE POUR UNE COOPÉRATION RENFORCÉE

Intervenant au nom du gouvernement catalan, Anna Rosés a mis en avant la nécessité de renforcer les échanges d’expériences entre les territoires engagés dans la promotion de l’égalité de genre.

Elle a salué l’initiative du forum qui permet de partager les bonnes pratiques et de développer des réponses concertées face à un phénomène qui touche toutes les sociétés.

La déléguée catalane a également insisté sur l’importance de bâtir des partenariats solides entre institutions publiques, organisations de la société civile et partenaires internationaux afin d’améliorer les stratégies de prévention et de prise en charge.

DR ROKHAYA DIAKHATÉ RAPPELLE LES EFFORTS DE L’ÉTAT

La directrice de la Famille, Dr Rokhaya Diakhaté, a rappelé les avancées réalisées par le Sénégal dans le renforcement du cadre juridique et institutionnel relatif aux droits des femmes.

Elle a souligné les efforts déployés par les pouvoirs publics pour améliorer les dispositifs de protection, renforcer l’accompagnement des victimes et lutter contre toutes les formes de violences basées sur le genre.

Toutefois, elle a estimé qu’une meilleure coordination entre les différents acteurs demeure indispensable pour garantir l’efficacité des politiques publiques sur le terrain.

Selon elle, seule une approche multisectorielle associant les secteurs de la justice, de la santé, de l’action sociale, de l’éducation et les acteurs communautaires permettra d’obtenir des résultats durables.

DES OUTILS CONCRETS ATTENDUS À L’ISSUE DU FORUM

Les échanges portent notamment sur la prise en charge multisectorielle des survivantes, la médiation communautaire avec l’implication des leaders religieux et coutumiers, la coopération internationale ainsi que l’engagement des jeunes dans la lutte contre les violences.

Les travaux devraient déboucher sur l’élaboration d’un Guide médiatique anti-stéréotypes, destiné aux professionnels des médias afin de promouvoir un traitement plus responsable des violences basées sur le genre.

Un Manifeste de Dakar 2026 est également attendu. Ce document stratégique vise à renforcer la redevabilité des institutions publiques et à accélérer la mise en œuvre des engagements en faveur de l’égalité de genre.

À travers cette quatrième édition du Forum international sur les violences machistes et l’égalité de genre, Dakar confirme sa volonté de demeurer une plateforme de dialogue, de réflexion et d’action pour rapprocher les avancées législatives des réalités vécues par les femmes dans les communautés.

Cet article est rédigé dans un format adapté à une publication dans la presse écrite ou en ligne.