RÉINTÉGRATION D’OUSMANE SONKO À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : ABDOU MBOW PREND ACTE DE LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL MAIS MAINTIENT LA CONTESTATION

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Le Conseil constitutionnel a rendu, mercredi 17 juin, sa décision dans le dossier relatif à la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. La haute juridiction s’est déclarée « incompétente » pour statuer sur le recours introduit par des députés de l’opposition contestant la légalité de cette réintégration ainsi que son élection à la présidence de l’institution parlementaire.

Cette décision n’a pas pour autant mis fin à la contestation portée par certains élus de l’opposition. Réagissant à la suite du verdict, le député Abdou Mbow, membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a indiqué prendre acte de la position du Conseil constitutionnel tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre le combat politique et juridique contre ce qu’il considère comme une violation de la Constitution.

« Nous prenons acte de la décision du Conseil constitutionnel de s’être déclaré incompétent. Nous continuerons, en tant que parlementaires, de contester l’intégration de Sonko. Nous considérons qu’il s’agit d’une violation manifeste de la Constitution, d’une forfaiture et même d’un coup d’État parlementaire », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par L’Observateur.

Alors que les députés de la majorité parlementaire ont salué la décision de la juridiction constitutionnelle, Abdou Mbow estime que toutes les voies de contestation ne sont pas encore épuisées. Le parlementaire a annoncé des concertations au sein de son camp afin de déterminer les prochaines démarches à entreprendre.

« Nous allons nous concerter afin de définir les moyens à mettre en œuvre pour poursuivre ce combat républicain. Notre devoir est de protéger le pays, et protéger le pays, c’est aussi protéger la Constitution », a-t-il ajouté.

Cette position s’inscrit dans la continuité de celle défendue par l’élu depuis l’annonce du retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Fin mai déjà, Abdou Mbow avait boycotté l’élection du président de l’Assemblée nationale, dénonçant ce qu’il qualifiait alors de procédure irrégulière.

À l’inverse, plusieurs observateurs et juristes considèrent que le retour du leader de Pastef au Parlement repose sur une base juridique solide. Quelques jours avant la décision du Conseil constitutionnel, le politologue et universitaire Moussa Diaw estimait notamment qu’aucun obstacle légal ne s’opposait à la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.

Dans une interview accordée à 24heureinfo, le professeur avait également souligné que le président de Pastef demeure une figure majeure de la scène politique nationale, estimant que son influence continue de susciter d’importantes réactions au sein de la classe politique sénégalaise.

Malgré la décision du Conseil constitutionnel, le débat politique autour de la réintégration d’Ousmane Sonko et de son accession à la présidence de l’Assemblée nationale semble donc loin d’être clos. Entre satisfaction de la majorité et poursuite de la contestation par une partie de l’opposition, le dossier continue d’alimenter les discussions sur l’interprétation des dispositions constitutionnelles et le fonctionnement des institutions de la République.