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La Cour des comptes tourne une nouvelle page avec la nomination de Abdoul Magib Guèye à sa présidence. Au moment de transmettre le flambeau après dix années à la tête de l’institution, son prédécesseur, Mamadou Faye, est revenu sur les moments marquants de son mandat dans un entretien accordé à L’Observateur, paru ce jeudi.
Interrogé notamment sur la controverse née de la publication du rapport de la Cour des comptes en février 2025 concernant la situation de la dette publique du Sénégal, l’ancien président de l’institution a choisi la prudence, refusant d’alimenter davantage le débat.
À la question de savoir ce qu’il retient de cette affaire, Mamadou Faye a tenu à préciser que le terme de « dette cachée », largement repris dans le débat public, ne figure nulle part dans le document produit par la juridiction financière.
« Je vous renvoie simplement à notre rapport : vous ne verrez pas, dans une page du rapport, où est mentionné ‘dette cachée’ », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que le contexte actuel ne lui semblait pas approprié pour se prononcer davantage sur cette question.
L’ancien président de la Cour des comptes a toutefois accepté d’expliquer la méthodologie utilisée par les magistrats financiers dans leurs travaux. Selon lui, l’institution a appliqué les normes en vigueur en recourant à la méthode TOFE (Tableau des opérations financières de l’État) pour calculer le ratio dette/PIB.
Mamadou Faye a rappelé qu’il existe également une autre approche, dite budgétaire, fondée sur la différence entre les recettes et les dépenses de l’État. « C’est la méthode que nous avions toujours utilisée », a-t-il indiqué, estimant que les deux méthodes auraient dû aboutir au même résultat si le tableau de passage avait été utilisé.
Pour l’ancien haut magistrat, la question relève avant tout d’une problématique technique de rapprochement des données plutôt que d’une controverse politique. Il s’est néanmoins gardé de tirer des conclusions ou de commenter les interprétations faites depuis la publication du rapport.
« Je suis mal placé pour parler. C’est pourquoi je vous renvoie au rapport pour dire s’il y a dette cachée ou pas », a-t-il insisté, préférant laisser le document officiel parler de lui-même.
Cette sortie intervient alors que le débat sur la dette publique continue d’alimenter les discussions dans les milieux politiques et économiques. En choisissant de ne pas entrer dans la polémique, Mamadou Faye clôt son mandat sur une position de réserve institutionnelle, fidèle à la tradition de neutralité qui caractérise la Cour des comptes.
Désormais, la responsabilité de conduire les missions de contrôle des finances publiques incombe à Abdoul Magib Guèye, appelé à poursuivre l’action de l’institution dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de transparence et de gouvernance financière.



