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À l’occasion de la 138e édition du pèlerinage marial de Popenguine, célébrée sous le thème « Sois sans crainte Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1,30), l’homélie prononcée par Monseigneur Jean-Baptiste Valter Manga a porté un message fort de confiance, d’espérance et de cohésion sociale.
Devant des milliers de fidèles venus du Sénégal et de plusieurs pays de la sous-région, l’évêque de Ziguinchor a rappelé que ce rendez-vous spirituel demeure bien plus qu’une célébration religieuse. Selon lui, Popenguine représente depuis des décennies un puissant symbole d’unité nationale, de dialogue interreligieux et de fraternité entre les peuples.
Le thème choisi pour cette 138e édition, tiré du premier chapitre de l’Évangile selon Saint-Luc, renvoie à l’annonce faite à Marie et invite les croyants à dépasser la peur pour placer leur confiance en Dieu face aux incertitudes du monde contemporain.
Dans son homélie, Monseigneur Manga a insisté sur la vocation particulière du pèlerinage de Popenguine comme espace de rapprochement entre chrétiens et musulmans. Il a salué la présence, physique ou spirituelle, des autorités religieuses musulmanes qui, au fil des années, ont accompagné cet événement marial et contribué à renforcer les liens fraternels entre les communautés.
Pour le prélat, le Sénégal doit préserver ce modèle singulier de tolérance religieuse et de cohésion sociale, particulièrement dans un contexte sous-régional marqué par les tensions et les radicalismes. Il a rappelé que les extrémismes prospèrent souvent là où disparaissent l’espérance, l’écoute, la justice et les perspectives sociales.
Face à ces défis, Monseigneur Manga a plaidé pour la promotion continue du dialogue, du respect mutuel et de la compréhension réciproque, estimant qu’il s’agit là d’un rempart essentiel contre la banalisation des violences verbales et sociales.
L’homélie a également mis en lumière la qualité des relations entre l’Église et l’État sénégalais. Saluant « le génie du peuple sénégalais », l’évêque de Ziguinchor a souligné que le pays a su bâtir des rapports harmonieux entre le spirituel et le temporel. De régime en régime, a-t-il indiqué, Popenguine est resté un symbole de coopération et d’apaisement au service de la stabilité nationale.
Selon lui, la solidité du Sénégal repose sur une tradition de dialogue portée par les autorités publiques, religieuses et coutumières, ainsi que par l’ensemble des forces vives de la nation. Une démarche qui place la dignité humaine et le respect de l’autre au cœur du projet collectif.
Monseigneur Manga a enfin insisté sur la dimension sous-régionale du pèlerinage, qui rassemble chaque année des fidèles venus de Gambie, de Mauritanie, de Guinée-Bissau, de Guinée et du Mali. Face aux crises qui fragilisent plusieurs pays de la région, il estime que des rassemblements spirituels comme celui de Popenguine rappellent l’urgence de préserver les idéaux d’unité, de paix et de solidarité entre les peuples.
Au pied de la Vierge Marie, le message lancé cette année résonne ainsi comme un appel à l’espérance, à la confiance en Dieu et au rejet de la peur comme fondement des relations humaines.



