« DEUX CAPITAINES DANS LE MÊME NAVIRE » : OUMAR YOUM SALUE LA FIN D’UN EXÉCUTIF À DEUX TÊTES

25/05/2026 Djiby 49
Publicité

Dans un contexte de fortes tensions au sommet de l’État, l’ancien ministre et responsable de l’APR, Oumar Youm, estime que le limogeage de Ousmane Sonko marque un tournant institutionnel majeur. Pour lui, cette décision du président Bassirou Diomaye Faye met fin à une confusion politique devenue, selon ses termes, « illisible » pour les Sénégalais comme pour les partenaires internationaux.

Le limogeage d’Ousmane Sonko continue de provoquer des réactions dans la sphère politique sénégalaise. Parmi les voix les plus critiques envers l’ancien Premier ministre figure celle de Me Oumar Youm, qui considère cette décision présidentielle comme une « clarification salutaire » dans une période de turbulences institutionnelles.
Invité de l’émission Jury du Dimanche, l’ancien ministre sous le régime de Macky Sall a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Selon lui, les divergences publiques entre le chef de l’État et son Premier ministre avaient atteint un niveau incompatible avec le bon fonctionnement des institutions.

Pour Oumar Youm, la crise dépassait largement le simple cadre politique. Il évoque un climat d’incertitude ayant affecté la lisibilité de l’action gouvernementale, la confiance des investisseurs ainsi que les relations avec les partenaires financiers du Sénégal. À ses yeux, l’exécutif donnait l’image d’un pouvoir à deux têtes, alimentant une confusion préjudiciable à la stabilité du pays.

L’ancien maire de Thiadiaye estime ainsi que le président Diomaye Faye « était dans son rôle constitutionnel » en mettant fin aux fonctions de son Premier ministre. Il rappelle que, dans l’architecture institutionnelle sénégalaise, le président demeure « la clé de voûte » du système politique et conserve le dernier mot dans l’organisation de l’exécutif.

Mais au-delà de la rupture entre les deux hommes, Oumar Youm tente surtout de repositionner l’opposition dans le débat national. Reconnaissant la défaite de l’APR en 2024, il annonce une phase de reconstruction du parti, avec l’ambition de préparer une reconquête politique à l’horizon 2029.

Dans son intervention, le responsable politique a également insisté sur les difficultés sociales actuelles : tensions dans les secteurs de la santé et de l’éducation, baisse du pouvoir d’achat à l’approche de la Tabaski et inquiétudes autour de la situation économique. Selon lui, ces urgences devraient désormais primer sur les querelles de leadership qui ont secoué le sommet de l’État ces derniers mois.

Cette sortie de Me Oumar Youm intervient alors que le Sénégal traverse une séquence politique particulièrement sensible, marquée par la recomposition du pouvoir, les débats autour des fonds politiques et les interrogations sur l’équilibre réel des institutions après le départ de Sonko de la Primature.

Assane Diop

Articles similaires

MAME ADAMA GUÈYE : « LA REDDITION DES COMPTES DOIT ÊTRE UNE EXIGENCE CONSTITUTIONNELLE »

RÉFORME CONSTITUTIONNELLE : ME MAME ADAMA GUÈYE VEUT CONSTITUTIONNALISER LA REDDITION DES COMPTES DES ÉLUS La réforme constitutionnelle doit, selon Me Mame Adama Guèye, renforcer le lien entre les citoyens et leurs représentants. L’avocat plaide notamment pour l’inscription dans la Constitution du principe « citoyens mandants, élus mandataires », assorti d’une obligation de consultation régulière et de reddition des comptes. Prenant la parole lors de la conférence de presse organisée mercredi 12 août par les organisations de la société civile regroupées autour de Sursaut Citoyen, Me Mame Adama Guèye a insisté sur la nécessité de revoir la relation entre gouvernants et gouvernés. « Le fait d’être élu ne dispense pas de l’obligation de consulter et de rendre compte », a-t-il déclaré, appelant ainsi à faire de ces exigences de véritables obligations constitutionnelles. Pour l’avocat, les citoyens ne doivent pas se limiter à exercer leur droit de vote au moment des élections. Ils doivent également assurer une « vigilance quotidienne » sur l’action de leurs représentants et exiger d’eux des comptes sur l’exécution de leur mandat. Me Mame Adama Guèye estime par ailleurs que la majorité parlementaire en nombre de sièges ne reflète pas forcément la majorité de la population. Il cite notamment le chiffre de 10,71 %, qu’il présente comme la proportion de la population correspondant aux voix obtenues par le parti majoritaire. « Ce n’est pas parce qu’on ne vote pas qu’on n’est pas citoyen », a-t-il martelé. À travers cette proposition, Me Mame Adama Guèye souhaite donc instaurer un nouvel équilibre institutionnel fondé sur une relation plus directe entre élus et citoyens. La consultation des populations et la reddition des comptes ne devraient plus relever de simples pratiques politiques, mais devenir des principes inscrits au cœur de la Constitution.

Djiby 708 vues 0 commentaires