EAO : LES CHARGÉS DE MISSION DE LA PRÉSIDENCE À L’ÉPREUVE DE L’ÉLOQUENCE ET DE LA RESPONSABILITÉ PUBLIQUE

24/10/2026 Djiby 782
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Par Assane Diop

Les chargés de mission de la Présidence de la République ont présenté les acquis de leur formation en prise de parole en public et en techniques de communication lors d’une cérémonie de restitution organisée à l’École des arts oratoires (EAO). Au-delà des prestations oratoires, la rencontre a été marquée par les interventions de Bakary Sakho, conseiller technique du président de la République, sur les enjeux de la dette publique et les divergences politiques, ainsi que par le plaidoyer du Dr Cheikh Oumar Diallo, directeur général et fondateur de l’EAO, en faveur de la pratique et de la formation continue.

L’art oratoire, un outil au service de l’action publique

Prendre la parole avec assurance, structurer un argumentaire, convaincre un auditoire et transmettre un message de manière claire constituent des compétences importantes pour les acteurs de la vie publique. Pour les chargés de mission de la Présidence de la République, ces aptitudes peuvent contribuer à améliorer leurs interventions professionnelles et leurs échanges avec les citoyens.

C’est dans cette perspective qu’ils ont suivi un programme de formation à l’École des arts oratoires. La cérémonie de restitution leur a permis de mettre en pratique les techniques acquises et de démontrer les progrès réalisés au cours de leur apprentissage.

À travers leurs différentes prestations, les participants ont travaillé sur la structuration du discours, la cohérence de l’argumentation, la gestion de la prise de parole et la capacité à défendre une idée devant un public. L’exercice a également permis d’apprécier leur évolution dans un domaine où la préparation, la maîtrise de soi et la connaissance du sujet occupent une place essentielle.

Pour le Dr Cheikh Oumar Diallo, directeur général et fondateur de l’EAO, cette expérience a permis à certains participants de découvrir des aptitudes qu’ils ne soupçonnaient pas nécessairement avant le début de la formation.

« Ils ont été révélés à eux-mêmes », a-t-il souligné, mettant ainsi en avant les progrès observés chez les apprenants.

Cheikh Oumar Diallo insiste sur la formation continue

Dans son intervention, le fondateur de l’EAO a rappelé que la cérémonie de restitution ne devait pas être considérée comme l’aboutissement du parcours. Selon lui, la valeur d’une formation se mesure surtout à la capacité des bénéficiaires à appliquer les compétences acquises dans leurs activités quotidiennes.

Il a ainsi encouragé les participants à poursuivre leurs efforts, à lire régulièrement, à approfondir leurs connaissances et à multiplier les occasions de prendre la parole. Les débats publics, les plateaux de télévision et les différents espaces d’échange peuvent notamment leur permettre de mettre en pratique les techniques apprises.

Le Dr Cheikh Oumar Diallo a également insisté sur l’importance de la discipline intellectuelle et de la préparation. L’éloquence ne saurait, à elle seule, garantir la pertinence d’un discours. Elle doit reposer sur des connaissances solides, une bonne compréhension des dossiers et une argumentation rigoureuse.

Pour les chargés de mission, l’enjeu consiste désormais à transformer les acquis de cette formation en compétences durables, susceptibles de renforcer la qualité de leurs interventions et la communication institutionnelle.

Bakary Sakho place la dette publique au cœur des échanges

Conseiller technique du président de la République, Bakary Sakho a profité de cette rencontre pour aborder la question de la dette publique du Sénégal, un dossier majeur pour les finances de l’État et les perspectives économiques du pays.

Dans son intervention, il a évoqué les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), notamment la perspective d’un nouveau programme et la référence à un accord technique. Ces questions, qui occupent une place importante dans les débats économiques nationaux, nécessitent, selon l’orientation de son propos, une communication permettant aux citoyens de mieux comprendre les enjeux de l’endettement et les choix opérés par les pouvoirs publics.

Bakary Sakho a également insisté sur la nécessité de prendre en compte les préoccupations quotidiennes des populations dans la gestion des finances publiques. L’accès aux services essentiels, les conditions de vie des ménages et les difficultés rencontrées dans les zones rurales figurent parmi les enjeux auxquels les décisions économiques doivent apporter des réponses.

Cette intervention a ainsi mis en évidence l’importance de rendre les questions économiques accessibles au grand public. La dette publique ne relève pas uniquement de considérations techniques ou comptables : elle soulève également des questions de transparence, de pédagogie et de responsabilité dans la conduite des affaires publiques.

« Ces divergences ne doivent pas nous conduire à bloquer le pays »

Au-delà des questions économiques, Bakary Sakho a abordé les divergences entre les acteurs politiques et leurs conséquences potentielles sur le fonctionnement des institutions et la conduite des affaires nationales.

Reconnaissant l’existence de désaccords dans la vie politique, il a appelé les responsables à préserver l’intérêt général et à éviter que leurs différends ne compromettent la marche du pays.

« Ces divergences-là ne doivent pas nous conduire à bloquer le pays », a-t-il déclaré en substance.

Cet appel intervient dans un contexte où les confrontations politiques occupent une place importante dans le débat public. Dans une démocratie, les désaccords constituent une composante normale du pluralisme. Ils permettent la confrontation des idées et l’expression de propositions différentes. Toutefois, leur gestion demeure déterminante pour assurer la continuité de l’action publique et la prise en charge des besoins des citoyens.

Pour Bakary Sakho, les préoccupations des populations doivent rester au centre des priorités. Les agriculteurs, les travailleurs, les jeunes et les ménages confrontés aux difficultés économiques attendent notamment des réponses concrètes, des perspectives et une amélioration de leurs conditions de vie.

Son intervention met ainsi l’accent sur la nécessité de concilier le débat politique avec les exigences de l’intérêt national, sans que les divergences ne deviennent un obstacle à la recherche de solutions aux problèmes du pays.

La communication institutionnelle face aux enjeux nationaux

Les questions soulevées lors de cette rencontre illustrent l’importance de la maîtrise de la parole pour les responsables appelés à intervenir sur des sujets complexes. La dette publique, les négociations avec les partenaires financiers et les orientations économiques nécessitent des explications précises, structurées et compréhensibles.

Pour les chargés de mission, la capacité à hiérarchiser les informations, à anticiper les interrogations du public et à présenter des arguments cohérents constitue un atout dans l’exercice de leurs fonctions.

Cependant, l’efficacité de la communication institutionnelle ne repose pas uniquement sur la qualité du discours. Elle dépend également de l’exactitude des informations diffusées, de la maîtrise des dossiers et de la capacité à distinguer les annonces, les engagements et les résultats effectivement obtenus.

L’art oratoire prend ainsi toute sa dimension lorsqu’il s’accompagne d’une connaissance approfondie des sujets abordés, d’un sens de l’écoute et d’une véritable compréhension des préoccupations des citoyens.

Amadou Bamako salue une expérience enrichissante

Parmi les bénéficiaires de la formation, Amadou Bamako a exprimé sa reconnaissance pour cette initiative. Fort de son expérience dans les responsabilités associatives et les échanges avec les populations, il a reconnu que la prise de parole en public constituait un domaine dans lequel il pouvait encore progresser.

Il a salué l’initiative du président de la République, auquel il attribue la possibilité de bénéficier de cette expérience, ainsi que l’accompagnement assuré par l’École des arts oratoires.

Son témoignage rappelle que l’expérience professionnelle ou associative ne dispense pas d’un apprentissage spécifique des techniques de communication. La formation peut contribuer à renforcer la confiance en soi, à mieux organiser les idées et à corriger certaines difficultés dans la présentation d’un discours.

Les progrès observés chez plusieurs participants ont également retenu l’attention du jury et des encadreurs. Certains apprenants qui éprouvaient initialement des difficultés à s’exprimer devant un auditoire ont pu mettre en évidence une évolution au cours de la restitution.

Au-delà des performances individuelles, cette étape a permis d’apprécier leur capacité à mobiliser les connaissances acquises dans des situations concrètes.

La pratique, condition essentielle des progrès

Pour le Dr Cheikh Oumar Diallo, la formation doit se poursuivre au-delà des sessions encadrées. La lecture, la préparation des interventions, la participation aux débats et la confrontation des idées constituent autant de moyens d’entretenir les compétences développées.

Cette exigence est particulièrement importante pour les acteurs publics, régulièrement confrontés à des dossiers complexes et à des attentes citoyennes multiples. Leur capacité à communiquer efficacement doit aller de pair avec la maîtrise des sujets, la rigueur de l’argumentation et le souci de transmettre une information fiable.

La prise de parole publique ne saurait donc être réduite à une performance verbale. Lorsqu’elle s’exerce au nom d’une institution, elle engage également la responsabilité de celui qui s’exprime et exige une attention particulière à la précision des propos.

Une nouvelle étape pour les chargés de mission

La cérémonie de restitution organisée à l’École des arts oratoires marque une étape dans le parcours de formation des chargés de mission de la Présidence de la République. Elle a permis de mettre en lumière les progrès réalisés tout en rappelant que la maîtrise de l’éloquence se construit dans la durée.

Les interventions de Bakary Sakho et du Dr Cheikh Oumar Diallo ont fait ressortir deux enjeux complémentaires : la nécessité de mieux expliquer les grandes questions nationales, notamment celles liées à la dette publique, et l’importance de former des acteurs capables de communiquer avec clarté et responsabilité.

Pour les bénéficiaires, le défi consiste désormais à appliquer ces acquis dans leurs activités quotidiennes. Dans la vie publique, la qualité d’une prise de parole ne se mesure pas seulement à la capacité de convaincre un auditoire, mais également à la pertinence des arguments, à la solidité des informations présentées et à la responsabilité avec laquelle elles sont communiquées.

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