SUCCESSION DE GUTERRES : MACKY SALL FACE À UN TOURNANT DÉCISIF DANS LA COURSE À LA TÊTE DE L’ONU

La course à la succession d’António Guterres entre dans une phase décisive, et la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall se retrouve désormais au cœur de l’attention diplomatique. À partir du jeudi 30 juillet 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies doit entamer un premier cycle de votes indicatifs informels destiné à évaluer les six prétendants officiellement en lice.
Pour Macky Sall, cette étape constitue un véritable test. Soutenu par le Burundi, l’ancien chef de l’État sénégalais devra démontrer sa capacité à fédérer des soutiens au-delà de l’Afrique et à convaincre les membres du Conseil de sécurité de son aptitude à diriger l’organisation internationale à partir de janvier 2027.
Face à lui, cinq autres candidatures se présentent : celles de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, de la Costaricaine Rebeca Grynspan, de l’Argentin Rafael Grossi, de la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et de l’Équatorienne María Fernanda Espinosa.
Dans cette compétition, Macky Sall peut notamment compter sur son expérience à la tête du Sénégal et sur son parcours international. Son profil d’ancien chef d’État africain pourrait constituer un atout dans une élection où la représentation géographique et l’équilibre entre les différentes régions du monde occupent une place importante.
Mais la bataille s’annonce particulièrement difficile. L’Amérique latine et les Caraïbes défendent l’idée d’une alternance géographique en faveur de leur région, tandis que la présence de plusieurs femmes parmi les candidates relance le débat sur la nécessité de voir, pour la première fois, une femme accéder au poste de secrétaire générale de l’ONU.
La candidature de Macky Sall devra donc surmonter plusieurs obstacles diplomatiques. Pour espérer l’emporter, l’ancien président sénégalais devra obtenir au moins neuf voix au Conseil de sécurité, tout en évitant le veto de l’un des cinq membres permanents : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie.
Les votes indicatifs du 30 juillet pourraient ainsi constituer un premier baromètre de ses chances réelles. Même s’ils ne sont pas juridiquement contraignants, ils permettront de mesurer le niveau de soutien dont dispose chaque prétendant et pourraient entraîner des retraits ou des recompositions dans les semaines suivantes.
Pour Macky Sall, l’enjeu est donc de taille. Une performance solide lors de ce premier scrutin pourrait renforcer sa candidature et lui permettre d’aborder les prochaines étapes avec davantage de poids dans les négociations diplomatiques. À l’inverse, un score faible pourrait fragiliser sa position et favoriser l’émergence d’un autre candidat.
À l’issue des différents tours de consultations prévus jusqu’en octobre, le Conseil de sécurité devra recommander un nom à l’Assemblée générale, qui procédera à la désignation officielle du prochain secrétaire général. Le futur titulaire du poste doit entrer en fonction le 1er janvier 2027.
À quelques jours du premier vote indicatif, la question reste donc entière : Macky Sall parviendra-t-il à transformer son expérience politique et son ancrage diplomatique en une coalition internationale suffisamment solide pour accéder au sommet des Nations unies ? Les premiers bulletins du Conseil de sécurité pourraient apporter les premières réponses.
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