AFFAIRE FALLOU SÈNE : LE GENDARME RECONNAÎT AVOIR TIRÉ SUR LES ÉTUDIANTS, LE VERDICT ATTENDU LE 27 NOVEMBRE

31/10/2026 Djiby 1 534
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Par P K Faye

Huit ans après la mort de l’étudiant Fallou Sène, survenue en mai 2018 lors d’affrontements à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, l’affaire a été examinée ce vendredi devant le tribunal militaire. Poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, l’adjudant Serigne Moustapha Sané, sous-lieutenant au moment des faits, a reconnu à la barre avoir ouvert le feu sur les manifestants.

Pour expliquer son geste, le prévenu a évoqué une mission officielle de maintien de l’ordre. Il affirme avoir agi pour protéger son commandant, Abdou Diop, ainsi que d’autres gendarmes blessés au cours des affrontements. Selon ses déclarations, il aurait effectué trois tirs de sommation avant un quatrième tir qu’il assure avoir dirigé vers les membres inférieurs des manifestants.

Cette version a toutefois été confrontée aux interrogations de l’accusation, notamment sur l’utilisation d’un fusil M16 alors qu’il disposait également d’un pistolet automatique de 9 mm. Entendu comme témoin, le commandant Abdou Diop a confirmé que le prévenu avait agi dans le but de protéger les éléments des forces de l’ordre. Une version contestée par les représentants de la Coordination des étudiants de Saint-Louis, qui affirment avoir plutôt appelé les étudiants à mettre fin aux jets de pierres afin de permettre aux gendarmes de reprendre leur positionnement.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a demandé que l’accusé soit déclaré coupable et condamné à un an de prison ferme.

Sur le volet civil, Me Assane Dioma Ndiaye, avocat de la famille de Fallou Sène, a réclamé 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. De son côté, la Coordination des étudiants de Saint-Louis, représentée par Me Amadou Diallo, a sollicité 50 millions de FCFA en réparation du préjudice subi.

Pour sa défense, Me Moustapha Dieng a notamment invoqué l’article 315 du Code pénal et l’état de nécessité pour justifier l’acte de son client.

À l’issue des débats, le tribunal militaire a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 27 novembre 2026.

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