RUGBY FÉMININ : LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE MISE SUR LA FORMATION DES JEUNES FILLES

31/10/2026 Djiby 469
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Par Assane Diop

La Fédération sénégalaise de rugby entend accélérer le développement de la discipline féminine à travers la formation des jeunes filles et la détection de nouveaux talents. Sous la présidence de Me Guédél Ndiaye, cette ambition s’est illustrée lors d’un festival sportif ayant mobilisé 200 jeunes filles venues de cinq régions du Sénégal. Une initiative qui s’inscrit dans une stratégie de structuration du rugby féminin et d’élargissement de sa pratique à l’échelle nationale.

Le rugby féminin sénégalais cherche à franchir une nouvelle étape. À travers ce rassemblement, la Fédération sénégalaise de rugby affiche sa volonté de renforcer la pratique de cette discipline auprès des jeunes générations. Les participantes, venues notamment de Saint-Louis, de la Casamance et de Dakar, ont pris part à des activités destinées à leur faire découvrir le rugby et à révéler de nouveaux talents.

Pour le secrétaire général de la Fédération, Omar Diagne, ce festival constitue une opportunité de consolider le travail de détection et de formation, avec l’ambition de préparer une nouvelle génération de joueuses susceptibles de représenter le Sénégal dans les compétitions nationales et internationales.

Cette initiative s’inscrit également dans le cadre du programme Cap Rugby, soutenu notamment par Expertise France et l’Agence française de développement (AFD). Lancé en 2023, ce projet a permis de former 30 acteurs sénégalais dans plusieurs domaines, notamment l’arbitrage, l’encadrement technique, l’entraînement et l’administration sportive.

Dans le prolongement de cette première phase, certains bénéficiaires ont également participé à une formation complémentaire en Côte d’Ivoire. De nouvelles sessions sont envisagées au Sénégal, avec des séances pratiques d’entraînement encadrées par des techniciens nationaux et supervisées par des experts français.

La formation des jeunes, priorité de la Fédération

La stratégie fédérale repose principalement sur le développement du rugby à la base. Selon Omar Diagne, les catégories d’âge, notamment les filles de 10, 12 et 14 ans, constituent un axe prioritaire pour bâtir progressivement un vivier de joueuses capables d’intégrer les équipes supérieures.

La Fédération souhaite ainsi renforcer sa présence dans les régions, tout en consolidant les acquis enregistrés à Dakar. La Casamance figure parmi les zones identifiées comme présentant un potentiel important pour le développement de cette discipline.

À moyen terme, l’objectif est de fidéliser les jeunes pratiquantes, d’attirer de nouvelles joueuses et de disposer, dans un délai de deux à trois ans, d’une équipe féminine compétitive sur la scène internationale. Cette ambition s’inscrit également dans la perspective des prochaines échéances sportives, notamment les Jeux de la Francophonie de 2031, que le Sénégal ambitionne d’accueillir.

Les infrastructures, un défi à relever

Malgré cette dynamique, le développement du rugby reste confronté à des contraintes importantes, particulièrement en matière d’infrastructures. Omar Diagne a souligné que la Fédération ne dispose pas encore de terrains suffisamment adaptés aux exigences de cette discipline et doit souvent utiliser des espaces initialement aménagés pour le football.

Face à cette situation, le secrétaire général plaide pour un accompagnement accru des pouvoirs publics, notamment à travers la mise à disposition d’installations permettant une pratique régulière du rugby.

Il a également insisté sur la nécessité de valoriser les infrastructures réalisées dans le cadre des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Pour la Fédération, ces équipements représentent une opportunité de renforcer les capacités d’accueil et de développement du sport, à condition que les besoins spécifiques du rugby soient pris en considération.

Omar Diagne a, par ailleurs, appelé les médias à contribuer davantage à la promotion de cette discipline, encore peu médiatisée, afin de susciter l’intérêt des populations et d’encourager les jeunes à s’y engager.

Le rugby au-delà de la performance sportive

Au-delà des objectifs de compétition, la Fédération entend également faire du rugby un instrument d’éducation et de développement personnel. Le festival a ainsi été accompagné d’ateliers consacrés à la protection des jeunes filles, à la confiance en soi, à l’inclusion et à la prévention des situations à risque.

Pour Omar Diagne, le rugby constitue bien plus qu’une activité sportive. Il représente une école de vie fondée sur des valeurs telles que le respect, la solidarité, la discipline, le courage, l’esprit d’équipe et le dépassement de soi.

À travers cette approche, la Fédération souhaite offrir aux jeunes filles un cadre favorable à leur épanouissement, tout en contribuant à leur autonomisation.

Avec la participation de 200 jeunes filles issues de cinq régions, ce festival marque une nouvelle étape dans la politique de développement du rugby féminin au Sénégal. Sous l’impulsion de Me Guédél Ndiaye, la Fédération entend désormais transformer cette mobilisation en une dynamique durable, fondée sur la formation, la détection des talents, l’amélioration des infrastructures et un partenariat renforcé avec les pouvoirs publics.

L’enjeu est de faire émerger une véritable relève féminine et d’installer progressivement le rugby parmi les disciplines sportives davantage pratiquées et valorisées au Sénégal.

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