LE PARTI AU POUVOIR, PASTEF, SE DIRIGE VERS UNE MAJORITÉ ÉCRASANTE AU PARLEMENT

20/11/2024 La Rédaction 20
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Les Sénégalais attendent à présent que le président et le Premier ministre s’en servent pour soulager leur quotidien et appliquer l’agenda de rupture et de justice sociale qui les a propulsés au pouvoir il y a huit mois.

« Le Sénégal va mal (dans) tous les domaines », déclare John Mendy, restaurateur dans une rue du centre de Dakar, au lendemain des législatives. Avec la majorité annoncée au Parlement, les dirigeants « ont tout ce qu’il faut, ils n’ont (plus) d’arguments » derrière lesquels se retrancher, souligne-t-il. « Les Sénégalais les attendent (dans) tous les domaines ».

Les projections des résultats partiels indiquent que le Pastef a remporté trois quarts des sièges de l’Assemblée nationale. Comme de tradition au Sénégal, les électeurs ont prolongé l’élan de la présidentielle de mars, exprimant une soif de changement après trois ans de crise économique et de tensions politiques. Cette aspiration à une autre gouvernance a été confiée à une nouvelle génération, incarnée par le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Le placide Faye, élu président malgré son manque d’expérience, a nommé comme Premier ministre le bouillant Sonko, dont la candidature avait été invalidée. Les analystes attribuent la « razzia » des législatives à M. Sonko, qui dispose désormais de la liberté nécessaire pour mettre en œuvre son projet.

Pendant huit mois, la paire Faye-Sonko a navigué dans une cohabitation conflictuelle avec une Assemblée dominée par l’ancienne majorité, Benno Bokk Yaakaar. M. Faye a dissous cette Assemblée dès que les délais constitutionnels l’ont permis, entraînant des législatives anticipées.

Selon la radio RFM, le Pastef se voit crédité de 119 sièges sur 165, tandis que la plateforme citoyenne Vie publique en annonce 129.

La déferlante Pastef fait la une des journaux, avec des titres tels que « Sénégal Moy Sonko », qui détourne un slogan de campagne du Pastef pour souligner l’influence de Sonko.

L’opposition, fragmentée, semble laminée, avec la coalition Takku Wallu Sénégal de l’ancien président Macky Sall ne remportant que 15 mandats, selon les projections.

L’opposition a tenté de capitaliser sur le sentiment que M. Sonko, pendant huit mois, a beaucoup parlé sans agir. Celui-ci se défend en évoquant l’état du pays et les résistances rencontrées dans sa quête de changement.

Pape Diagne, commerçant, exprime sa satisfaction quant aux résultats, mais appelle l’exécutif à se mettre au travail : « Y a les filles qui attendent, y a les garçons qui attendent, y a tout le monde qui attend ».

M. Sonko reste pour l’instant silencieux. « Le peuple sénégalais nous a accordé un vote de confiance sans équivoque. Il ne nous reste plus qu’à nous retrousser les manches pour transformer notre pays en profondeur », a déclaré l’ancienne Première ministre Aminata Touré sur les réseaux sociaux.

Le coût de la vie est une préoccupation majeure pour la population, avec un chômage dépassant les 20%, touchant particulièrement les jeunes. La moitié de la population a moins de 19 ans.

Les nouveaux gouvernants sont aussi confrontés à l’exode de compatriotes partant chaque mois en quête d’un avenir meilleur en Europe. Les comptes publics sont dans le rouge.

L’exécutif est attendu sur de nombreuses urgences, notamment le vote du budget 2025, l’abrogation d’une loi d’amnistie contestée, ainsi que la transformation de l’État et de son système judiciaire.

Le quotidien L’Observateur mentionne également parmi « les dossiers chauds » le vote d’une loi durcissant les peines contre l’homosexualité.

Les analystes s’accordent à dire que M. Sonko détient les clés du pouvoir. « C’est Ousmane Sonko qui va continuer à dicter la façon de diriger le pays », affirment-ils, soulignant que le président actuel n’a sa légitimité que grâce à lui.

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