JOURNÉE MONDIALE DU CANCER : LES SPÉCIALISTES SE PRONONCENT SUR LE « DEUXIÈME TUEUR » ACTUEL AU SÉNÉGAL

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Célébrée ce 04 février 2020 dans le monde entier, la journée mondiale contre le cancer est vécue sous fond d’inquiétude au Sénégal. En effet, le cancer est considéré comme la deuxième cause de mortalité après les maladies cardio-vasculaires.
De l’avis du Docteur Monique James Thiaw Laye, le cancer est devenu un problème de santé publique à travers le monde et pour l’OMS, il passe devant le sida, la tuberculose et le paludisme réunis en termes de mortalité.
En ce qui concerne le Sénégal, « son incidence est en augmentation », précise le Pr Mamadou Diop du service Juliot Curie de l’hôpital Aristide le Dantec, spécialiste du cancer.
Toutefois, pour lui, la problématique liée au cancer au Sénégal concerne le dépistage tardif. « Les gens considèrent le cancer comme une maladie qui est fatalement mortelle. Ça aussi c’est un problème d’information. Quelque part, c’est la réalité, puisque si beaucoup de cas de cancers arrivent tardivement, il y a forcément une mortalité très élevée », explique-t-il.
Par ailleurs, l’usage du tabac est l’une des principales causes liées à des comportements à risque. Au Sénégal, le fléau s’aggrave, particulièrement, à ce niveau précis.
« Une seule bouffée peut tuer. Mais ça, il faut le dire aux populations. 35% des impuissances sexuelles que l’on voit dans ce pays sont liées au tabagisme », souligne Directeur du Centre international de cancérologie de Dakar (Cicd), le Professeur Abdoul Aziz Kassé.
A ce stade, on peut, tout de même, compter sur les avancées notamment en ce qui concerne les cancers du sein et du col de l’utérus qui touchent de plus en plus la gent féminine au Sénégal.
« Le Sénégal vaccine les enfants à la naissance contre l’hépatite B qui est le facteur de risque central du cancer du foie. Les jeunes prennent le vaccin contre le cancer du col qui est accessible à tout le monde », rappelle le Pr Kébé qui précise que, désormais, la prévention existe sur plusieurs cancers.
Par ailleurs, la question du dispositif de soins a été longtemps une problématique à laquelle il a fallu que les malades font face. Les spécialistes informent que des efforts ont été faits, dans ce sens, notamment, au cours de l’année 2019, mais il reste toujours à pallier l’épineuse question des ressources humaines ainsi que des ressources, la plupart des patients devant toujours faire face aux coûts exorbitants de la chimiothérapie entre autres.
Au moment où des organisations, comme la Ligue sénégalaise de lutte contre le cancer (Lisca) trouve les moyens de faire face au fléau avec des bonnes volontés. Des populations, de plus en plus, conscientes de la problématique du cancer.