GOETHE-INSTITUT DAKAR : UN ÉDIFICE-MANIFESTE AU SERVICE DU DIALOGUE ENTRE LES CULTURES

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À Dakar, la cérémonie de clôture de l’inauguration du nouveau Goethe-Institut, ce samedi 18 avril 2026, a réuni autorités sénégalaises et allemandes, universitaires, artistes et architectes. À travers des discours denses et complémentaires, tous ont salué un projet emblématique qui dépasse l’infrastructure pour incarner un véritable pont entre les cultures, les savoirs et les peuples.

Une clôture aux allures de commencement
Clôturant trois jours de célébration, la directrice du Goethe-Institut Dakar, Stefanie Peter, a donné le ton d’une institution résolument tournée vers l’avenir :
« Ce moment de clôture n’est pas une fin, mais un commencement. »
Dans une allocution empreinte de solennité, elle a rappelé la mission fondamentale du Goethe-Institut : créer des ponts entre les cultures, encourager le dialogue et favoriser la rencontre.

Dans une ville comme Dakar, marquée par une forte tradition de transmission orale, elle a souligné l’importance de s’inscrire dans cette continuité culturelle :
« Ici, la parole est un art. C’est avec humilité que nous nous inscrivons dans cette tradition. »
Elle a également insisté sur la vocation inclusive du lieu : « Nous avons ouvert nos portes aux habitants pour que cet espace soit d’abord le leur. »
Amadou Ba : démocratiser l’accès à la culture
Représentant le gouvernement sénégalais, le ministre Amadou Ba a salué une coopération « profonde et durable » entre le Sénégal et l’Allemagne.

Dans un discours structurant, il a insisté sur l’enjeu majeur d’équité territoriale : « Dakar n’est pas le Sénégal. La culture est un droit, et notre mission est d’en garantir l’accès à tous. »
Il a ainsi appelé à une décentralisation des initiatives culturelles, afin que les régions comme Saint-Louis, Ziguinchor ou Tambacounda puissent pleinement bénéficier de cette dynamique.
Le ministre a également rendu hommage à l’engagement du Goethe-Institut, présent au Sénégal depuis 1978, pour son rôle dans : la formation des artistes, l’accompagnement des chercheurs, la structuration du paysage culturel.

Stéphanie Bédard : la culture comme diplomatie d’avenir

Prenant la parole au nom de la République fédérale d’Allemagne, la vice-ministre Stéphanie Bédard a souligné la dimension stratégique de la culture dans les relations internationales.
« Ce que nous inaugurons aujourd’hui dépasse un bâtiment. C’est une vision du dialogue entre les peuples. » Elle a insisté sur la volonté de l’Allemagne de renforcer : les échanges universitaires la mobilité des étudiants la coopération scientifique et artistique. Dans un contexte mondial marqué par les tensions, elle a plaidé pour une diplomatie fondée sur la culture, la compréhension mutuelle et le respect des diversités.

Kai Baido : un symbole de fraternité durable
Son Excellence l’ambassadeur Kai Baido a salué une réalisation qui incarne la solidité des relations germano-sénégalaises. « Cette maison est un espace de rencontre, mais aussi un symbole de fraternité entre nos peuples. »
Il a rappelé que ce projet s’inscrit dans une coopération plus large visant à : soutenir la jeunesse encourager l’innovation renforcer les liens culturels et éducatifs.

Maguèye Kassé : Senghor, Goethe et la civilisation de l’universel
Moment fort de la cérémonie, l’intervention du professeur Maguèye Kassé a offert une lecture historique et philosophique des relations entre le Sénégal et l’Allemagne.
Revenant sur les écrits de Léopold Sédar Senghor inspirés de Johann Wolfgang von Goethe, il a montré comment cette rencontre intellectuelle a contribué à façonner la pensée senghorienne : passage d’une négritude de révolte à une négritude d’ouverture
émergence de la « civilisation de l’universel »
valorisation du dialogue des cultures « Goethe lui a appris les dangers de la solitude culturelle. » Il a également souligné que cette coopération dépasse la langue : « Ce n’est pas seulement une question de langue, mais une question de civilisation. »

Francis Kéré et Zingambo : une architecture enracinée et durable
Le bâtiment, conçu par Francis Kéré, a été présenté comme une œuvre architecturale majeure, alliant modernité et tradition.
Décrit comme : « un arbre à palabres revisité »
il incarne une architecture pensée pour le climat, la culture et les usages locaux. L’architecte sénégalaise Zingambo a détaillé la contribution des équipes locales : suivi technique du chantier respect des normes urbanistiques coordination avec les entreprises.

Elle a particulièrement mis en avant l’approche écologique : utilisation de briques de terre compressée recours à des matériaux locaux
optimisation du confort thermique. Elle a également salué la préservation du baobab présent sur le site : « C’est un symbole fort de notre rapport à la nature et à notre culture. »
Selon elle, ce projet marque une étape importante : « Il montre qu’une architecture moderne peut être profondément ancrée dans son territoire. »

Un lieu chargé d’histoire et tourné vers l’avenir
Le site lui-même a été présenté comme hautement symbolique, à la croisée de références intellectuelles majeures, notamment celles de Léopold Sédar Senghor et de penseurs allemands.

Le Goethe-Institut, présent depuis près d’un demi-siècle au Sénégal, apparaît ainsi comme un acteur central du dialogue culturel entre les deux pays.
Un appel à s’approprier le lieu
Au-delà des discours officiels, un message fort a été adressé aux artistes, étudiants et citoyens :
« Cette maison vous appartient. »
Tous sont invités à :
créer
débattre
apprendre
partager
L’objectif est clair : faire du Goethe-Institut un espace vivant, inclusif et transformateur.
Une coopération appelée à rayonner
Les différentes interventions ont convergé vers une même ambition : faire de cet institut un levier de développement culturel, éducatif et social.
Au-delà de Dakar, il s’agit de toucher l’ensemble du territoire et de renforcer les dynamiques :
artistiques, scientifiques et académiques

Un symbole fort pour l’avenir
Au terme de cette cérémonie, une conviction s’impose : le nouveau Goethe-Institut de Dakar est bien plus qu’un bâtiment. C’est un symbole de dialogue un espace d’innovation un pont entre les peuples.
Vive la culture,
Vive la coopération entre les peuples,
Et longue vie au Goethe-Institut Dakar.
Assane Diop, Journaliste