FRAUDES, INFRACTIONS FISCALES PÉNALES, CORRUPTION : UN PHÉNOMÈNE DURABLE AU SÉNÉGAL

17/09/2025 Djibril Diallo 3
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Selon **Libération**, le Sénégal fait face à une montée inquiétante des fraudes, infractions fiscales pénales, corruption et violations de la réglementation. Malgré les efforts des autorités pour réprimer ces pratiques, celles-ci semblent s’installer dans la durée.

En 2024, la **Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif)** a enregistré une multiplication des actes de dénonciation, permettant la transmission de 46 dossiers au procureur de la République, mettant en lumière des « indices graves et concordants de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme ». Ce chiffre marque une légère augmentation par rapport aux 43 dossiers transmis en 2023.

Une augmentation des pratiques illégales

Le renforcement du contrôle fiscal par les services compétents de l’État suscite de nombreuses critiques. **Libération** souligne que cette intensification pourrait être liée à une augmentation des pratiques illégales de certains individus et groupes, nuisant à l’intérêt public. Les statistiques de la Centif révèlent :

– **554 cas de fraude** (+17 % par rapport à 2023)
– **66 entorses à la réglementation des changes** (+100 %)
– **73 infractions fiscales pénales** (+78 %)

Les déclarations d’opérations suspectes en matière de corruption ont augmenté de 5 %, tandis que des infractions telles que la contrebande (-67 %) et le faux et usage de faux (-24 %) ont diminué.

La montée en puissance des outils informatiques

Chelkh Mouhamadou Bamba Siby, président de la Centif, souligne que les dossiers transmis reflètent « la montée en puissance de l’outil informatique et l’amélioration des flux de renseignement ». Cette évolution est particulièrement visible dans le secteur des casinos et des jeux en ligne, où la pandémie de Covid-19 a accéléré la tendance vers les jeux virtuels, facilitant ainsi le transfert de fonds.

Nouvelles régulations et obligations

La loi 2024-08, adoptée le 14 février 2024, impose à toutes les institutions financières du Sénégal de déclarer systématiquement les transactions en espèces supérieures ou égales à 15 millions FCFA. Cette obligation est renforcée par l’instruction de la **BCEAO** en date du 25 septembre 2017. En 2024, la Centif a déjà enregistré 24 déclarations d’opérations suspectes relatives au financement du terrorisme.

Un contrôle accru sur les secteurs économiques

Pour faciliter l’acquittement des obligations par les assujettis, la Centif a mis en place un module de déclaration paramétré. Les banques et établissements financiers représentent 82,87 % des déclarations d’opérations suspectes.

Les statistiques révèlent également une intensification des poursuites, avec une augmentation des dossiers de « poursuite et d’investigation » passant de 9 à 26 entre 2023 et 2024. En revanche, les dossiers de « dissémination » ont diminué de 43 à 26.

Ces développements témoignent d’un renforcement des contrôles étatiques sur divers secteurs économiques, dans le but de prévenir le détournement de fonds publics et l’enrichissement illicite. La Centif continue de partager les informations traitées avec les administrations et autorités de contrôle de la sous-région ouest-africaine, renforçant ainsi la lutte contre la corruption et les activités criminelles au Sénégal.

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