Assemblée nationale : Cheikh Diba et le ministre du Budget recadrent la Commission des finances sur la LFR 2026

Par A B Diaw
L’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 a tourné à la bataille de procédure. Devant la représentation nationale, l’Exécutif a refusé de laisser passer le rapport présenté par la Commission des finances et du contrôle budgétaire.
Prenant la parole en plénière, le ministre des Finances et de l’Économie, Cheikh Diba, et le ministre chargé du Budget ont formulé une série de réserves musclées, estimant que le document dénature la teneur exacte des échanges tenus en commission.
Trois points de friction soulevés par Cheikh Diba
Le ministre Cheikh Diba a soulevé trois désaccords majeurs.
D’abord, les projets hospitaliers de Bakel, Saint-Louis, Goudiry, Ziguinchor et Kaolack, évoqués page 12 du rapport. Selon lui, la situation de ces infrastructures n’a jamais été une préoccupation des commissaires. Le seul point discuté concernait le cadrage des crédits de paiement et des autorisations d’engagement à hauteur de 429 milliards de FCFA.
Ensuite, l’épineuse question des fonds spéciaux. Aux pages 16 et 17, le rapport prête aux commissaires la volonté d’introduire dans une loi organique une référence à un autre texte pour encadrer ces matières sensibles. « Ces aspects n’ont jamais été discutés », a tranché le ministre.
Enfin, la question des amendements. Page 18, le rapport suggère que le gouvernement aurait jugé que ses réponses au mémorandum justifiaient l’architecture de la LFR, rendant tout amendement inutile. Une interprétation que Cheikh Diba rejette formellement.
Le ministère du Budget exige une refonte du document
Le ministre chargé du Budget a, de son côté, listé des erreurs d’attribution et de retranscription.
Page 14, il demande une clarification sur la dotation initiale de 250 milliards de FCFA, dont les explications techniques auraient été indûment attribuées aux commissaires. Page 15, il conteste la présentation des débats sur les subventions à l’énergie et le ciblage des aides publiques, affirmant que les citations proviennent de son propre mémorandum.
Il récuse également les développements sur l’efficacité des mesures contre la vie chère, sur les Bourses de Sécurité Familiale et sur le prétendu mauvais ciblage des politiques publiques. Il affirme par ailleurs ne garder aucun souvenir d’échanges sur un éventuel accord avec le Fonds monétaire international (FMI).
Les autres corrections demandées portent sur la référence topographique de l’axe ferroviaire Tambacounda-Kédougou (p.22) et, point sémantique crucial, sur la fiscalité des transferts d’argent. Page 25, le gouvernement n’a pas simplement émis le souhait de faire évoluer la contribution de solidarité économique, il a décidé de proposer sa modification.
Dernier point de rupture, page 26 : la mention d’un engagement à transmettre un nouveau mémorandum à l’Assemblée. Un engagement que le ministre du Budget assure n’avoir jamais pris devant les parlementaires.
Au terme de leurs interventions, les deux ministres ont exigé que l’intégralité de ces rectificatifs soit intégrée dans la version définitive du rapport avant tout vote. Une exigence qui révèle, au-delà des arbitrages budgétaires, une bataille rangée pour le contrôle du récit parlementaire de la LFR 2026.
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