DÉCLARATION DE PATRIMOINE : AMINATA TOURÉ RÉCUSE TOUTE VOLONTÉ DE BASSIROU DIOMAYE FAYE DE SE SOUSTRAIRE À LA TRANSPARENCE

16/08/2026 Djibril Diallo 359
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Le débat sur la déclaration de patrimoine du président de la République, du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale s’invite au cœur de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Pour Aminata Touré, Haut-Représentante du chef de l’État et superviseure générale de Kiiraay – Les Patriotes républicains, cette question doit être abordée sous l’angle plus large de la transparence dans la gestion des ressources publiques.

 

L’ancienne Première ministre rappelle que la déclaration de patrimoine figurait déjà parmi les engagements de campagne de Bassirou Diomaye Faye. Elle souligne que le candidat avait alors défendu non seulement le principe de la déclaration, mais également celui de sa publication.

 

Selon Aminata Touré, le chef de l’État a concrétisé cet engagement dès son arrivée à la magistrature suprême. Son patrimoine a été déclaré puis rendu public par le Conseil constitutionnel.

 

UNE OBLIGATION ÉTENDUE AUX PRINCIPAUX RESPONSABLES PUBLICS

 

Pour Aminata Touré, la modification envisagée de l’article 37 de la Constitution ne vise nullement à permettre au président de la République d’échapper à ses obligations.

 

Elle rappelle que le texte prévoit notamment une déclaration du patrimoine présidentiel à la fin du mandat. Mais la démarche défendue par le chef de l’État serait, selon elle, plus ambitieuse : étendre l’obligation de déclaration et de publication au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale.

 

L’objectif serait de consacrer une forme d’égalité devant l’exigence de transparence pour les principales autorités de l’État. Ces dernières exercent en effet, directement ou indirectement, des responsabilités liées à la gestion et à la supervision des ressources publiques.

 

LE CALENDRIER AU CŒUR DES DÉSACCORDS

 

Si le principe de la transparence ne semble pas constituer le principal point de divergence, c’est davantage le calendrier de mise en œuvre qui aurait suscité des discussions.

 

Aminata Touré évoque notamment la volonté de faire démarrer les vérifications à partir de 2027, alors que l’actuel président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre sont directement concernés par cette problématique.

 

Pour elle, cette situation soulève une question de cohérence avec l’objectif affiché de transparence. Elle assure toutefois que le président Bassirou Diomaye Faye n’a « aucune volonté » de se soustraire à l’obligation de déclaration de patrimoine.

 

« MIEUX VAUT FAIRE CE QU’ON PRÊCHE »

 

L’ancienne Première ministre revendique une position constante sur la question. Elle rappelle avoir elle-même déclaré son patrimoine en 2012, estimant que la démarche relevait déjà d’une exigence de responsabilité publique.

 

Son plaidoyer dépasse donc la seule situation du chef de l’État. À ses yeux, la déclaration de patrimoine doit être considérée comme un instrument de bonne gouvernance et de transparence, et non comme une arme dans les confrontations politiques.

 

Aminata Touré invite ainsi les responsables publics à éviter les polémiques autour de cette question et à accepter de se soumettre aux mêmes exigences lorsqu’ils exercent des fonctions impliquant la gestion de ressources publiques.

 

« Mieux vaut faire ce qu’on prêche », insiste-t-elle, plaçant ainsi la transparence patrimoniale au cœur de la responsabilité des dirigeants publics.

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