MARY TEUW NIANE DÉNONCE L’« USURPATION » DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE ET DÉFEND LE PRIMAT DE LA CONSTITUTION

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Le directeur de cabinet du président de la République, Mary Teuw Niane, revient à la charge. Dans une nouvelle tribune publiée dimanche 16 août sur Facebook, il s’est penché sur le rapport entre majorité parlementaire, pouvoir présidentiel et respect de la Constitution.
Une semaine après avoir suscité la polémique en évoquant un « imposteur », sans citer explicitement le Premier ministre Ousmane Sonko, Mary Teuw Niane durcit de nouveau le ton. Il estime que la majorité parlementaire détenue par Pastef aurait été « usurpée » pour servir un projet de « déconstruction de l’architecture républicaine ».
LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE N’EST PAS PROPRIÉTAIRE DE L’ÉTAT
Dans sa tribune consacrée à ce qu’il présente comme « l’élégance républicaine », le responsable présidentiel rappelle qu’une victoire électorale ne saurait conférer la propriété de l’État à une formation politique.
Selon lui, la majorité parlementaire et la Constitution relèvent de deux ordres différents. Une majorité politique, aussi importante soit-elle, reste soumise à la Constitution et ne peut agir sans limites dans l’exercice de ses prérogatives.
Mary Teuw Niane insiste ainsi sur le rôle du président de la République, qu’il présente comme le gardien de la Constitution et le garant du fonctionnement régulier des institutions. À ses yeux, les recours introduits par le chef de l’État auprès du juge constitutionnel participent précisément à l’exercice de cette mission.
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL COMME ARBITRE
L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur défend également le recours au juge constitutionnel comme une alternative au rapport de force politique.
Il soutient que le président Bassirou Diomaye Faye aurait d’abord privilégié le dialogue et l’explication avant de saisir le Conseil constitutionnel, face à certaines initiatives parlementaires considérées comme intempestives et susceptibles, selon lui, de bouleverser l’équilibre institutionnel.
Dans cette logique, le Conseil constitutionnel ne devrait être considéré ni comme un allié du président ni comme un adversaire de l’Assemblée nationale. Sa mission serait avant tout de veiller au respect de la Constitution et de rappeler que la majorité politique demeure soumise à la règle de droit.
UNE NOUVELLE PASSE D’ARMES AU SOMMET DU POUVOIR
Cette nouvelle sortie intervient dans un contexte de tensions institutionnelles apparues autour de plusieurs initiatives parlementaires. Les débats avaient notamment été ravivés en juin 2026 par la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution.
Le 28 juin, un collectif de 143 personnalités avait d’ailleurs appelé les députés à adopter rapidement ce texte.
Dans sa tribune, Mary Teuw Niane tente finalement de poser les limites de chaque pouvoir : l’autorité présidentielle doit, selon lui, être suffisamment ferme pour garantir le fonctionnement des institutions sans devenir arbitraire, tandis que le Parlement demeure souverain dans son domaine de compétence, mais ne saurait être supérieur à la Constitution.
Une prise de position qui risque de relancer le débat sur les rapports entre l’exécutif et la majorité parlementaire, dans un contexte politique sénégalais déjà marqué par de profondes divergences sur l’interprétation des équilibres institutionnels.
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