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La procédure judiciaire impliquant Ndella Madior Diouf a connu un tournant notable ce mardi à Dakar. La chambre criminelle a en effet pris le contre-pied du parquet en ordonnant la mise en liberté provisoire de la principale prévenue, ainsi que de ses coaccusés, son assistant Cheikh Tidiane Ndiaye et l’animateur El Hadj Sène.
Selon plusieurs médias sénégalais, dont Seneweb, cette décision intervient alors même que le ministère public avait requis des peines sévères. Le procureur de la République avait notamment demandé cinq ans de prison ferme contre Ndella Madior Diouf et trois mois contre ses coaccusés, estimant les faits suffisamment graves pour justifier une sanction exemplaire.
UNE DÉFENSE OFFENSIVE ET STRUCTURÉE
Face à ces réquisitions, la défense a adopté une stratégie offensive, plaidant l’acquittement pur et simple. Les avocats ont tenté de déconstruire les accusations en mettant en avant le profil de leur cliente, présentée comme une actrice sociale engagée. Ils ont notamment évoqué la création de Keur Yeurmandé, une structure destinée à venir en aide à des jeunes filles en situation de vulnérabilité, en particulier celles confrontées à des grossesses non désirées.
Dans leurs plaidoiries, les conseils ont insisté sur l’absence d’éléments matériels permettant de caractériser les infractions retenues, notamment l’exercice illégal d’une profession, la mise en danger de la vie d’autrui ou encore l’homicide involontaire. « Aucun fait précis ne permet d’établir une faute ou une négligence caractérisée », ont-ils soutenu, appelant à une lecture plus nuancée du dossier.
UNE DÉCISION QUI RELANCE LE DÉBAT
La position du parquet a été partiellement nuancée lors de l’examen de la demande de liberté provisoire : favorable pour les deux coaccusés, mais opposée pour Ndella Madior Diouf. Malgré cela, la juridiction a tranché en faveur d’une liberté provisoire pour l’ensemble des prévenus, une décision qui suscite déjà de nombreuses réactions dans l’opinion publique.
Ce dossier, très médiatisé au Sénégal, met en lumière les tensions entre action sociale, cadre légal et responsabilité pénale. Il soulève également des interrogations sur l’encadrement des initiatives privées dans des domaines sensibles liés à la protection de la vie et de la santé.
L’affaire a été mise en délibéré au 26 mai 2026. D’ici là, les regards restent tournés vers la justice sénégalaise, appelée à se prononcer définitivement sur un dossier aussi complexe que sensible.



