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L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, sort de sa réserve et précise les contours de son ambition internationale. Dans un entretien accordé à Deutsche Welle, il défend sa candidature au poste de secrétaire général de Organisation des Nations unies, dans un contexte marqué par de fortes tensions géopolitiques et des critiques persistantes.
Fort d’une longue carrière dans l’administration et à la tête de l’État sénégalais pendant douze ans, Macky Sall estime que son expérience constitue un atout majeur pour contribuer à repositionner l’ONU au cœur de la gestion des crises internationales. Il déplore une organisation « mise de côté » dans plusieurs conflits majeurs et plaide pour une revitalisation du multilatéralisme.
Au cœur de son projet figure une réforme en profondeur de l’institution onusienne. Celle-ci devrait, selon lui, s’opérer à deux niveaux : d’une part, une rationalisation du fonctionnement interne afin de réduire les lourdeurs administratives et les duplications ; d’autre part, une réforme plus ambitieuse impliquant les États membres, notamment sur la question du financement et de la composition du Conseil de sécurité. Sur ce point, il insiste sur la ضرورة d’une meilleure représentation de l’Afrique et du Sud global.
Interrogé sur sa capacité à incarner la neutralité après avoir dirigé un État, l’ancien chef de l’État met en avant son expérience diplomatique fondée sur une « équidistance bienveillante » entre partenaires occidentaux et émergents. Il affirme que cette posture constitue un gage de crédibilité pour diriger une organisation censée parler au nom de tous.
Mais la candidature de Macky Sall ne fait pas l’unanimité. Certains de ses détracteurs l’accusent de chercher, à travers cette ambition internationale, une protection contre d’éventuelles poursuites judiciaires au Sénégal. Une hypothèse qu’il balaie fermement, rappelant qu’aucune procédure n’est engagée contre lui et qu’il a respecté ses engagements démocratiques en quittant le pouvoir à l’issue de ses deux mandats.
Se projetant dans un rôle global, Macky Sall affirme vouloir dépasser les clivages géopolitiques. « Je serai le secrétaire général du monde », déclare-t-il, insistant sur sa volonté de servir aussi bien le Nord que le Sud, l’Est que l’Ouest.
À travers cette candidature, l’ancien président entend également porter la voix de l’Afrique sur la scène internationale, dans un contexte où les enjeux de sécurité, de paix et de développement restent au cœur des préoccupations mondiales.



