![]()
C’est une page qui se tourne dans l’histoire de la modernisation de l’État sénégalais. Réuni ce mardi 17 février 2026 pour son ultime Comité de pilotage, le Projet d’Assistance Technique en appui à la Réforme des Finances Publiques (AT-RFP) a officiellement marqué la fin de sa phase de mise en œuvre. Lancée en 2019, cette initiative de coopération entre le Sénégal et le Canada a accompagné durant sept années la transformation en profondeur de la gestion budgétaire de cinq ministères pilotes.
Une décennie de maturation pour une gestion axée sur les résultats
Dans un contexte marqué par la transposition des directives de l’UEMOA, ce projet a joué le rôle de laboratoire institutionnel, permettant à des secteurs aussi stratégiques que l’éducation, l’énergie, l’agriculture, l’emploi et l’action sociale de basculer d’une logique de moyens vers une véritable culture de la performance.
Présent à la cérémonie de clôture, Mamadou Camara FALL, Secrétaire Général du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, a rappelé le postulat de base qui a guidé cette réforme : « Les ressources publiques sont précieuses, elles ne sont pas élastiques. Raison pour laquelle chacun doit tendre vers une gestion efficiente. » Un mantra qui a permis aux cadres de l’administration d’opérer des bonds qualitatifs dans la maîtrise de la chaîne PPBC (Planification, Programmation, Budgétisation et Suivi-Évaluation).
Un héritage de 80 outils pour pérenniser les acquis
Reconnaissant que l’adoption des nouveaux cadres de gestion est un processus complexe pour l’ensemble des pays membres de l’UEMOA, le Secrétaire Général a salué la solidité des fondations posées : « Mieux vaut tard que jamais. Les différents départements concernés sont sur de bons rails. »
Cette affirmation trouve sa traduction la plus concrète dans l’héritage matériel et intellectuel laissé par le projet. Abdou Karim SOCK, Directeur du contrôle budgétaire et conseiller technique durant près de quatre ans au sein de l’AT-RFP, a détaillé l’ampleur du legs : « Le projet a eu à élaborer beaucoup d’outils. Il y avait un cartable aujourd’hui qui contient quatre-vingt outils et qui seront légués aux différents ministères sectoriels. »
Au-delà des documents physiques, une plateforme de formation en ligne a été déployée pour assurer la montée en compétences continue des agents, présents et futurs. L’objectif est clair : garantir que la disparition de l’assistance technique canadienne ne se traduise pas par une perte d’expertise.
Un appel à l’appropriation nationale
Si la clôture du projet marque la fin du soutien direct, elle inaugure une phase cruciale d’autonomisation. M. SOCK a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de s’approprier durablement ces avancées : « Les orientations formulées sont voisines aux recommandations qui sont effectuées. C’est inciter le gouvernement du Sénégal à s’approprier un peu les acquis qui sont établis. »
L’ambition affichée est désormais de créer un effet de contagion vertueuse vers l’ensemble des départements ministériels et des institutions constitutionnelles, afin que les 80 outils du « cartable » numérique deviennent le standard universel de la gestion publique sénégalaise.
En saluant l’exemplarité de la coopération canadienne, l’ensemble des participants ont exprimé leur volonté commune de maintenir le cap. Le défi pour l’État sénégalais est désormais de transformer ces acquis techniques en amélioration tangible de la qualité des services rendus aux citoyens, prouvant ainsi que la réforme des finances publiques n’est pas une fin en soi, mais un moyen au service du développement.

