APPEL AU SURSAUT RÉPUBLICAIN : SAUVONS L’UNIVERSITÉ

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En ma qualité d’ancien dirigeant du mouvement étudiant (je suis moi même entré à l’université par une année blanche en 1988 , j’en suis sorti exclu pour faits de grève par une année invalidée en 1994)
Je mesure pleinement le poids des mots et l’urgence des actes d’un côté comme de l’autre dans cette crise qui prend des proportions encore plus préoccupantes chaque jour.
Autant le dire avec clarté : Le bras de fer avec les étudiants ne peut conduire qu’à l’impasse!
Aujourd’hui, notre système universitaire et éducatif est à l’arrêt. L’issue de cet imbroglio est incertaine. Le mouvement étudiant s’amplifie et s’étend aux lycées, collèges et même aux établissements privés. Alors il est temps de s’arrêter sur l’essentiel avant qu’il ne soit trop tard
C’est pourquoi au-delà de tout clivage politique et partisan , je lance un appel solennel pour un sursaut républicain. Il est encore temps de sauver l’année universitaire, mais pour cela, il faut des actes forts et immédiats.
Pour résoudre cette crise, il faut des compromis et la poursuite sans masque des discussions. Dans cette dynamique, l’Etat doit prendre le lead . Il s’agit essentiellement de :
1. La libération des étudiants détenus : Il ne peut y avoir de dialogue fécond tant que des délégués d’étudiants sont dans les liens de la détention pour des faits liés à des revendications sociales. Militons donc pour l’apaisement. Le calme sera difficile à retrouver tant que cette revendication prioritaire ne sera pas satisfaite
2. Le retrait des forces de l’ordre du campus pédagogique et social : Convenons en, l’université n’est pas une zone militaire. C’est un sanctuaire du savoir. Laissons les étudiants étudier et les enseignants enseigner, loin de la pression des uniformes
3. La réhabilitation des Amicales : Seulesinterlocutrices légitimes. Il faut restaurer les cadres de dialogue naturels que sont les Amicales pour apaiser et organiser la vie de la cité universitaire. Á défaut on installe la cacophonie
4. La réouverture des restaurants : C’est connu, ventre creux n’a point d’oreilles. Les restaurants universitaires sont un service vital dont l’intérêt n’est pas négociable
5. L’ouverture de discussions franches et inclusives entre l’État et la communauté universitaire ( étudiants, enseignants , personnel administratif et technique) pour trouver des compromis aux mesures décidées par l’Etat selon un mode d’emploi plus souple et plus digeste
6. Le paiement des rappels de bourses : Les droits acquis doivent être respectés et les nouvelles modalités discutées et inscrites dans un agenda de prospective
Modou Diagne Fada
Président LDR YESSAL et ancien du mouvement étudiant
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