SUCCESSION À LA TÊTE DE L’ONU : REBECA GRYNSPAN EN TÊTE, MACKY SALL TOUJOURS DANS LA COURSE

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Le Conseil de sécurité des Nations unies a officiellement lancé, jeudi, le processus de sélection du prochain Secrétaire général de l’Organisation. Un premier « vote indicatif », organisé à huis clos, a permis de mesurer les rapports de force entre les sept candidats déclarés, sans pour autant déterminer l’issue finale de la compétition.
Réunis à huis clos, les quinze membres du Conseil de sécurité ont été invités à attribuer anonymement à chacun des prétendants l’une des trois mentions : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Cette procédure informelle vise principalement à tester la solidité des candidatures et à dégager les premières tendances au sein du Conseil.
À l’issue de cette première consultation, la Costaricaine Rebeca Grynspan est arrivée en tête. L’ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle dirigeante de l’Agence des Nations unies pour le commerce et le développement devance Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, et l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Parmi les autres candidats figurent l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne Maria Fernanda Espinosa, l’Ougandais Olara Otunnu et l’ancien président sénégalais Macky Sall.
MACKY SALL FACE À UNE COMPÉTITION QUI RESTE OUVERTE
Si ce premier vote indicatif permet de dégager une première hiérarchie, il ne constitue en aucun cas une décision définitive. La procédure pourrait encore s’étendre sur plusieurs mois, tandis que les rapports de force sont appelés à évoluer au fil des consultations et des négociations diplomatiques.
Pour Macky Sall, cette première étape ouvre une nouvelle séquence dans une bataille diplomatique où l’expérience internationale, la capacité à rassembler et les équilibres géopolitiques joueront un rôle déterminant.
L’ancien président sénégalais entend notamment mettre en avant son expérience politique et institutionnelle ainsi que sa connaissance des grands enjeux internationaux. Sa candidature porte également une ambition africaine, dans un contexte où la question de la représentation géographique demeure un élément important dans les discussions autour de la succession du Secrétaire général.
À ce stade, aucun candidat ne peut se considérer comme définitivement favori. Le premier vote indicatif permet surtout d’identifier les premières tendances et de mesurer la capacité des prétendants à s’inscrire dans la durée.
LE RÔLE DÉTERMINANT DES CINQ MEMBRES PERMANENTS
La suite de la compétition dépendra largement de la position des cinq membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni.
Pour être recommandé à l’Assemblée générale, un candidat doit obtenir au moins neuf voix favorables au Conseil de sécurité. Il doit également éviter le veto de l’une des cinq puissances permanentes.
Cette règle confère à ces États un poids déterminant dans le processus et rend toute projection particulièrement incertaine. Leurs positions pourraient devenir plus lisibles au fur et à mesure de l’avancée des consultations.
Les modalités des prochains tours devraient également permettre d’identifier plus clairement les éventuels risques de veto, grâce à des bulletins distincts pour les membres permanents, sans révéler publiquement l’identité de celui qui s’opposerait à une candidature.
L’AMÉRIQUE LATINE AU CŒUR DES ENJEUX
La compétition est également marquée par deux dynamiques majeures : la revendication de l’Amérique latine, qui estime que la prochaine rotation géographique devrait lui être favorable, et la volonté de nombreux États de voir, pour la première fois, une femme accéder au poste de Secrétaire général de l’ONU.
La présence de plusieurs candidates latino-américaines illustre cette tendance. Le Panama a notamment fait de ces deux questions des priorités dans le cadre du processus de sélection.
Mais cette dynamique ne suffit pas à déterminer l’issue de la course. La désignation du prochain Secrétaire général restera le fruit d’un processus complexe, marqué par les négociations, les compromis et les équilibres géopolitiques.
Le prochain tour de consultations devrait être annoncé dans les prochains jours. En attendant, les différents candidats sont appelés à poursuivre leurs démarches diplomatiques pour consolider leurs soutiens.
Avec ce premier vote indicatif, la bataille est désormais officiellement engagée. Rebeca Grynspan bénéficie d’un premier avantage, mais la compétition reste ouverte. Dans une course où les alliances peuvent évoluer et où le veto d’une grande puissance peut à tout moment rebattre les cartes, Macky Sall demeure pleinement engagé dans la bataille et entend défendre jusqu’au bout les chances de sa candidature.
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