SONKO MENACE DE BLOQUER LES BUDGETS 2026 ET 2027, LES EUROBONDS SÉNÉGALAIS DÉVISSENT SUR LES MARCHÉS

20/10/2026 Djiby 1 343
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Par P K Faye

La sortie acerbe de Sonko , hier lundi, a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers internationaux. Ses déclarations menaçant de bloquer les deux principaux textes budgétaires de l’État ont eu un impact immédiat et très négatif sur la dette souveraine du Sénégal.

Le président de l’Assemblée nationale, dont le camp dispose de la majorité parlementaire, a en effet menacé de faire bloquer le projet de loi de finances rectificative (LFR-2026) et le projet de loi de finances initiale (LFI-2027).

Un blocage parlementaire qui, s’il se concrétisait, risquerait de retarder lourdement la mise en œuvre des politiques publiques et l’application de certaines mesures clés liées au programme conclu au niveau des services avec le Fonds monétaire international (FMI).

**La plus forte baisse depuis septembre**

La perspective d’une impasse budgétaire a été immédiatement sanctionnée par les investisseurs. Selon l’agence , les obligations en dollars du Sénégal ont enregistré « leur plus forte baisse depuis début septembre, après que l’opposant Ousmane Sonko a menacé de bloquer le projet de loi de finances rectificative pour 2026 ainsi que le projet de budget de l’État pour l’année prochaine ».

Toujours d’après le média américain, cette initiative de l’ancien Premier ministre risque également de « compromettre le processus de restructuration de la dette en cours au Sénégal et de perturber le calendrier visant à obtenir un nouveau programme auprès du FMI ».

**Ce que Sonko reproche à l’Exécutif**

Au cœur de la contestation, le choix du gouvernement de recourir au Cadre commun du G20 pour le traitement de la dette. Une option que récuse catégoriquement le leader de Pastef.

« Nous ne pouvons pas être dans le suivisme des désidératas du FMI ou de quelque bailleur que ce soit. Le Sénégal n’avait pas besoin d’être le premier cobaye de cette nouvelle initiative du G20. C’est même inquiétant, pour un pays qui a simplement des problèmes de trésorerie », avait-il déclaré.

Pour lui, le Sénégal n’avait pas besoin de ce mécanisme international pour une simple opération de reprofilage de sa dette publique.

« Donc, nous ne sommes pas là pour bloquer. S’il y a blocage, ce sera de la responsabilité exclusive de l’exécutif. Son manque de bon sens et de sagesse nous mènera à un blocage », a-t-il prévenu.

**Un budget « ni social, ni d’investissement »**

Sur le fond budgétaire, Ousmane Sonko dénonce une cure d’austérité qui frapperait les secteurs sociaux. Il pointe « une baisse drastique des budgets de plusieurs ministères à vocation sociale ».

« Baisse du budget de l’Éducation nationale, du ministère de la Famille et de la Solidarité, du ministère de la Formation professionnelle : ils ont procédé à des baisses assez importantes sur ces ministères-là », liste-t-il.

Il rejette également les coupes de 555 milliards de FCFA dans les dépenses d’investissement prévues par la LFR, ainsi que la baisse programmée des subventions. « Ce qu’on nous demande de valider dans ce projet de loi de finances, c’est la baisse et la suppression progressive des subventions », a-t-il dénoncé.

Pour le président de Pastef, le compte n’y est pas : « Ce n’est ni un budget d’investissement, ni un budget social. C’est un budget d’économie pour payer la dette qui a été cachée aux Sénégalais, qui a été empruntée de manière illégale, sans la validation de la représentation parlementaire, ce qui est un crime financier », martèle-t-il.

Une position qui fait désormais planer une incertitude majeure sur l’adoption des textes budgétaires et sur la crédibilité financière du pays aux yeux des bailleurs.

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