SONKO DURCIT LE TON : « NOUS SOMMES PRÊTS À GAGNER TOUTES LES ÉLECTIONS »

17/08/2026 Djibril Diallo 831
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Entre les tensions avec le président Bassirou Diomaye Faye, les remous au sein de Pastef et les prochaines échéances électorales, Ousmane Sonko affiche une ligne ferme. Le président de l’Assemblée nationale assure que son parti est prêt à affronter toutes les formes d’élections, tout en gardant le secret sur sa stratégie.

 

« Nous sommes prêts à gagner toute forme d’élections organisée au Sénégal », affirme-t-il. Mais sur la méthode qui sera retenue, notamment pour les élections locales, le leader de Pastef préfère rester discret : « Nous sommes généreux et savons partager, mais pour les élections locales, nous ne dirons pas encore la démarche à adopter. »

 

EXCLUSIONS : SONKO DÉMENT TOUTE DÉCISION CONTRE DIOMAYE

 

Ousmane Sonko dément toute décision formelle visant à exclure Bassirou Diomaye Faye de Pastef. Interrogé sur les retraits de certains membres des groupes WhatsApp du parti et sur les changements opérés dans certaines coordinations, il rappelle que la procédure interne n’a pas encore abouti.

 

« Il n’y a pas encore une décision du parti au sommet qui exclut quelqu’un. Les bases n’ont pas encore saisi le Conseil national », explique-t-il.

 

Selon lui, les textes du parti prévoient plusieurs étapes avant toute exclusion définitive : « Quand on exclut quelqu’un, on constate sa démission, le bureau se réunit et le Conseil national le valide. »

 

Quant aux retraits de certains membres des groupes WhatsApp, Sonko les présente comme des mesures conservatoires. Il rappelle également qu’« on ne peut être membre de Pastef et d’un autre parti ».

 

RETROUVAILLES AVEC DIOMAYE : « CELA DÉPEND DU PRÉSIDENT »

 

Malgré la rupture politique, Ousmane Sonko ne ferme pas totalement la porte à des retrouvailles avec Bassirou Diomaye Faye. À la question de savoir si une réconciliation reste possible, il répond simplement : « Cela dépend du président. »

 

Le président de l’Assemblée nationale estime par ailleurs qu’une partie de l’opposition a, depuis plusieurs années, concentré ses attaques sur sa personne afin de l’affaiblir politiquement avant de s’en prendre au chef de l’État.

 

« L’opposition, depuis deux ans, attaque Sonko, jamais le président. Il fallait le liquider pour ensuite s’attaquer à Diomaye », soutient-il.

 

Il accuse également certains acteurs d’avoir poussé le président Diomaye Faye vers une posture qu’il juge excessive sur la question du respect des institutions.

 

« LE PEUPLE NE SE RÉSUME PAS AUX INSTITUTIONS »

 

Ousmane Sonko critique aussi la conception du rapport entre institutions et volonté populaire défendue par Bassirou Diomaye Faye.

 

Réagissant à l’idée selon laquelle ce ne serait pas « la foule ni le peuple », mais les institutions qui doivent primer, Sonko estime qu’une telle approche pourrait conduire à une instrumentalisation des institutions contre la légitimité populaire.

 

« Tout ce qui nous intéresse, c’est le pays et le peuple », insiste-t-il.

 

LE « DIALOGUE DES INSTITUTIONS » RESTE OUVERT

 

Malgré la rupture politique, Sonko assure que les relations institutionnelles entre le président de la République et le président de l’Assemblée nationale se poursuivent.

 

« Le dialogue des institutions existe », affirme-t-il, précisant qu’il continue d’échanger avec le chef de l’État sur les questions administratives, les urgences et les dossiers liés au fonctionnement de l’État.

 

Il assure également ne nourrir aucune volonté de nuire au président de la République : « Je ne lui souhaite pas de mal et, si mon avis l’intéresse, je suis prêt à le lui donner. Je reste ouvert à la discussion. »

 

« SI PASTEF PERD L’ASSEMBLÉE, LE PAYS VA VERS LE GOUFFRE »

 

Pour Ousmane Sonko, le véritable enjeu politique se trouve désormais à l’Assemblée nationale. Le maintien d’une majorité parlementaire apparaît, à ses yeux, indispensable à la poursuite du projet porté par Pastef.

 

« Il ne reste qu’un verrou, c’est l’Assemblée. Si Pastef perd l’Assemblée, ce pays va vers le gouffre », avertit-il.

 

Une déclaration qui donne une dimension particulièrement stratégique aux prochaines échéances électorales. Alors que les tensions au sommet de l’exécutif ont profondément bouleversé le paysage politique, Ousmane Sonko entend préserver la majorité parlementaire de Pastef, tout en maintenant le suspense sur les alliances et la stratégie électorale que le parti compte déployer.

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