OUSMANE SONKO AFFICHE SA FERME DÉTERMINATION POUR LES PROCHAINES ÉLECTIONS ET MAINTIENT LE FLOU SUR LA STRATÉGIE DE PASTEF

17/08/2026 Djibril Diallo 289
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Entre les tensions persistantes avec le président Bassirou Diomaye Faye, les réaménagements internes à Pastef et la perspective des prochaines échéances électorales, Ousmane Sonko affiche une posture offensive. Le président de l’Assemblée nationale assure que son parti se prépare à toutes les éventualités, tout en maintenant le suspense sur sa stratégie électorale.

 

« Nous sommes prêts à gagner toute forme d’élections organisée au Sénégal », affirme-t-il. Mais lorsqu’il est question de connaître les modalités retenues, notamment pour les élections locales, le leader de Pastef se montre beaucoup plus prudent. « Nous sommes généreux et savons partager, mais pour les élections locales, nous ne dirons pas encore la démarche à adopter », lâche-t-il.

 

PASTEF : SONKO DÉMENT TOUTE EXCLUSION DE DIOMAYE

 

La situation interne à Pastef reste également au cœur des interrogations. Interrogé sur le retrait de certains responsables de groupes WhatsApp du parti et sur les changements intervenus dans plusieurs coordinations depuis la rupture politique avec Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko assure qu’aucune décision définitive d’exclusion n’a été prise au sommet.

 

« Il n’y a pas encore une décision du parti au sommet qui exclut quelqu’un. Les bases n’ont pas encore saisi le Conseil national », précise-t-il.

 

Le président de l’Assemblée nationale insiste sur le respect des procédures prévues par les textes de Pastef. Selon lui, toute exclusion ou démission doit suivre un processus interne avant d’être définitivement actée.

 

« Quand on exclut quelqu’un, on constate sa démission, le bureau se réunit et le Conseil national le valide », explique-t-il.

 

Concernant le retrait de certains membres des groupes de discussion du parti, Sonko minimise la portée politique de ces mesures, qu’il présente comme des dispositions provisoires. « Il n’y a pas que le président Diomaye pour les groupes WhatsApp. C’est pour des mesures conservatoires », indique-t-il.

 

Il rappelle également une disposition fondamentale des textes de Pastef : « De facto, nos textes disent qu’on ne peut être membre de Pastef et d’un autre parti. »

 

RETROUVAILLES AVEC DIOMAYE : « CELA DÉPEND DU PRÉSIDENT »

 

Malgré la rupture politique, Ousmane Sonko ne ferme pas totalement la porte à une éventuelle réconciliation avec Bassirou Diomaye Faye. À la question de savoir si des retrouvailles étaient envisageables, sa réponse est lapidaire : « Cela dépend du président. »

 

L’ancien Premier ministre estime par ailleurs que la stratégie de l’opposition ces dernières années aurait principalement consisté à l’affaiblir politiquement avant de s’attaquer au chef de l’État.

 

« L’opposition, depuis deux ans, attaque Sonko, jamais le président. Il fallait le liquider pour ensuite s’attaquer à Diomaye », soutient-il.

 

Sonko reproche également à certains acteurs de l’entourage présidentiel d’avoir contribué, selon lui, à durcir la posture du chef de l’État, notamment autour du thème du respect des institutions.

 

« Ils l’ont poussé à l’extrémisme et ils ont comme élément de langage le respect des institutions, comme si Pastef faisait le contraire », dénonce-t-il.

 

LE RAPPORT ENTRE INSTITUTIONS ET VOLONTÉ POPULAIRE AU CŒUR DU DÉBAT

 

Ousmane Sonko s’en prend également à la conception du rapport entre les institutions et le peuple. Il critique notamment une déclaration attribuée à Bassirou Diomaye Faye selon laquelle ce ne serait ni « la foule » ni « le peuple », mais les institutions qui doivent primer.

 

Pour le président de l’Assemblée nationale, une telle approche pourrait conduire à opposer la légitimité institutionnelle à la volonté populaire.

 

« Quand le président va jusqu’à dire : ce n’est pas la foule ni le peuple, mais les institutions, c’est parce qu’il veut passer par l’instrumentalisation des institutions contre la légitimité et la volonté populaire », estime-t-il.

 

Malgré cette divergence de fond, Sonko assure que son action reste guidée par une priorité : la défense des intérêts nationaux. « Tout ce qui nous intéresse, c’est le pays et le peuple », insiste-t-il.

 

LE « DIALOGUE DES INSTITUTIONS » RESTE MAINTENU

 

La rupture politique entre les deux hommes ne signifie toutefois pas, selon Ousmane Sonko, une rupture du fonctionnement institutionnel. En tant que président de l’Assemblée nationale, il affirme continuer à échanger avec le chef de l’État sur les questions relevant de leurs responsabilités respectives.

 

« Le dialogue des institutions existe », assure-t-il, évoquant des échanges portant notamment sur les urgences administratives et les dossiers liés au fonctionnement de l’État.

 

Ousmane Sonko affirme également ne nourrir aucune intention hostile à l’égard de Bassirou Diomaye Faye.

 

« Ce que j’ai dit au président : je ne lui souhaite pas de mal et, si mon avis l’intéresse, je suis prêt à le lui donner. Je reste ouvert à la discussion », déclare-t-il.

 

L’ASSEMBLÉE NATIONALE, « DERNIER VERROU »

 

Au-delà des querelles internes et des tensions au sommet de l’État, Ousmane Sonko identifie clairement l’enjeu qu’il considère comme déterminant pour l’avenir politique de Pastef : le contrôle de l’Assemblée nationale.

 

« Il ne reste qu’un verrou, c’est l’Assemblée. Si Pastef perd l’Assemblée, ce pays va vers le gouffre », avertit-il.

 

Cette déclaration donne une dimension stratégique majeure aux prochaines échéances électorales. Pour Sonko, la conservation de la majorité parlementaire apparaît comme une condition essentielle à la poursuite du projet politique porté par Pastef.

 

Le leader du parti au pouvoir entend ainsi afficher sa confiance dans les capacités électorales de sa formation tout en préservant le secret sur les alliances, les candidatures et les mécanismes qui seront retenus, notamment pour les élections locales. Une prudence qui laisse entrevoir une bataille politique où le rapport de force institutionnel devrait occuper une place centrale.

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