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Une infrastructure moderne, portée par l’expertise et les capitaux sénégalais, vient renforcer les ambitions nationales en matière de souveraineté alimentaire. Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, a effectué une visite du hangar de stockage frigorifique réalisé par Khadim Fall, directeur général de la SADIDAL (Société Africaine de Distribution de Denrées Alimentaires), dans la commune de Sidian.
Cette installation de dernière génération apparaît comme une réponse concrète à l’un des défis majeurs de l’agriculture sénégalaise : les pertes post-récoltes, évaluées à plus de 16,8 milliards de FCFA chaque année.

Édifié sur une superficie de 3 000 mètres carrés, le site dispose de six chambres froides offrant une capacité globale de 6 000 tonnes. Les produits agricoles pourront y être conservés entre six mois et une année selon leur nature. Réalisé en seulement six mois grâce à une expertise entièrement sénégalaise, le projet met en lumière la capacité des compétences locales à concevoir et bâtir des infrastructures stratégiques de haut niveau.
À travers cette initiative, le secteur privé national apporte une démonstration forte de son potentiel. Longtemps confrontés à d’importantes pertes de pommes de terre, d’oignons ou encore de carottes en raison du manque d’infrastructures adaptées, les producteurs disposent désormais d’une solution durable pour préserver leurs récoltes et mieux valoriser leur production.

Le projet ambitionne d’atteindre, à terme, une capacité totale de 30 000 tonnes de stockage pour un investissement estimé à plus de 12 milliards de FCFA. Plus de 2 milliards de FCFA ont déjà été mobilisés sur fonds propres par Khadim Fall et ses partenaires, illustrant l’engagement croissant du secteur privé sénégalais dans les investissements structurants.
Lors de cette visite, Dr Mabouba Diagne a salué une initiative qu’il considère comme exemplaire et en parfaite adéquation avec sa vision d’un secteur privé national fort, capable d’accompagner l’État dans la transformation agricole.
« Produire est difficile, mais produire sans pouvoir conserver ni vendre est encore plus difficile », a rappelé le ministre, insistant sur l’importance du stockage pour réduire les pertes qui fragilisent les revenus des producteurs.

Grâce à des technologies de pointe assurant le contrôle de la température, de l’humidité et du CO₂, les produits agricoles pourront être conservés dans des conditions optimales, favorisant la sécurité alimentaire, la stabilité des prix et la disponibilité des produits sur toute l’année.
Au-delà du stockage, la SADIDAL prévoit également le développement d’unités de conditionnement et de transformation destinées à promouvoir le « Made in Sénégal ». L’ambition affichée est de créer de véritables marques nationales et de proposer aux consommateurs des produits locaux transformés, y compris des frites surgelées produites au Sénégal.
Les retombées économiques et sociales se font déjà sentir avec plus de 30 emplois permanents créés, des centaines de femmes et de jeunes mobilisés au quotidien et plus de 1 000 emplois indirects générés à travers les exploitations agricoles partenaires.

Le ministre a également rendu hommage aux collectivités territoriales, aux producteurs, aux coopératives agricoles ainsi qu’aux ingénieurs, techniciens et ouvriers sénégalais ayant contribué à la réalisation de cette infrastructure.
« Pendant longtemps, ce type d’ouvrages était réalisé par des entreprises étrangères. Aujourd’hui, ce sont des ingénieurs sénégalais, des techniciens sénégalais, des ouvriers sénégalais et des capitaux sénégalais qui bâtissent le Sénégal de demain », a déclaré Dr Mabouba Diagne.
À travers cette réalisation, la SADIDAL pose les jalons d’une nouvelle dynamique agricole nationale, fondée sur la conservation, la transformation et la valorisation locale des productions, avec pour horizon une agriculture plus compétitive, durable et créatrice de richesses.



