MÉMORIAL DE « CES GENS-LÀ ! »

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« Kou am projet dou kheekh ak koo khameni souy dem kharei da naane djabarame wadjalale teindje ! » disait, en wolof clair, Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum. Une formule qui résonne encore aujourd’hui comme une mise en garde à ceux qui seraient tentés de sous-estimer la détermination de ceux qui portent un projet et sont prêts à en assumer les conséquences.
À cette pensée, une autre pourrait être ajoutée : « CES GENS-LÀ sont déterminés ! » Leur engagement, disent leurs proches, ne relève ni de l’improvisation ni de l’attentisme. « Seen djabare dou took khaar sakh beye xalate teindje. Dafa nara djog topp si ! »
Mais comment véritablement combattre des gens que l’on peine à identifier ?
C’est toute la particularité du mouvement moustarchidine. Dans un contexte où l’appartenance confrérique se manifeste souvent par une tenue, un chapelet, une couleur ou un quelconque signe vestimentaire, CES GENS-LÀ ont choisi une autre voie. Leur appartenance ne se lit pas nécessairement sur leurs vêtements. Elle se revendique davantage dans leur comportement, leurs convictions et leur attachement spirituel.
Le Moustarchidine peut ainsi être le cordonnier qui a ciré vos chaussures le matin, l’administrateur civil qui vous a délivré votre extrait de naissance, le policier qui vous a signalé une infraction, l’enseignant à qui vous avez confié votre enfant depuis des années ou encore le médecin qui a pris en charge un proche.
Autrement dit, CES GENS-LÀ sont partout, parfois là où on ne les attend pas.
Il y a une quinzaine de jours encore, ils étaient nombreux à psalmodier le mythique Bourde de l’Imam Al-Bousri dans les rues, sous une pluie battante. Pour eux, les intempéries ne constituent pas un obstacle lorsqu’il s’agit de mener à bien une activité religieuse à laquelle ils accordent une importance particulière.
CES GENS-LÀ ne portent pas forcément autour du cou un signe à l’effigie de leur Guide. Leur attachement, disent-ils, est intérieur. Il se traduit par un amour profond pour leur chef spirituel et une fidélité revendiquée à celui qu’ils considèrent comme leur chef de guerre.
UNE HISTOIRE MARQUÉE PAR LES ÉPREUVES
L’histoire du mouvement moustarchidine a également été jalonnée de périodes de tensions et d’épreuves. Ses partisans rappellent que plusieurs pouvoirs et adversaires ont, à différents moments, tenté de fragiliser ou de remettre en cause son existence.
Le texte cite notamment l’épisode de Djibo Ka et les tentatives de dissolution du Mouvement Moustarchidine, ainsi que les événements judiciaires ayant marqué le parcours de Serigne Moustapha Sy au début des années 1990.
Pour les fidèles, ces épisodes appartiennent désormais à une mémoire collective qui nourrit leur conviction : le mouvement a traversé les tempêtes et demeure debout.
UN GUIDE DISCRET, DES DISCIPLES DÉTERMINÉS
La particularité mise en avant par les moustarchidines réside également dans la conception qu’ils ont de leur leadership spirituel.
Un Guide qui, selon eux, ne cherche pas l’exposition permanente, ne transforme pas son domicile en lieu de passage obligé pour les responsables politiques et entend préserver son indépendance vis-à-vis des réseaux d’influence.
Dans cette lecture, le mouvement revendique une différence avec certaines pratiques observées dans les milieux religieux, notamment les rapprochements intéressés entre responsables religieux, hommes d’affaires et acteurs politiques.
CES GENS-LÀ se présentent ainsi comme des disciples attachés à la défense de valeurs héritées de figures spirituelles qu’ils considèrent comme des références majeures.
« LE TRIOMPHE DE LA VÉRITÉ »
Au-delà des polémiques et des invectives, le message porté par ce mémorial est finalement celui d’une fidélité assumée.
CES GENS-LÀ demandent à leurs adversaires de ne pas les sous-estimer et souhaitent que le débat public retrouve davantage de hauteur. Une manière de rappeler que les mouvements religieux ne se résument pas toujours à leurs signes extérieurs et que certaines convictions peuvent être profondément ancrées sans nécessairement être affichées.
Dans cette perspective, la référence à Al Makhtoum prend tout son sens : « Ils croient que le souffle qui alimente leur corps est éternel, d’où leur goût effréné pour le mensonge. »
Une formule qui invite à la prudence, à l’humilité et surtout à la responsabilité.
Toute ressemblance avec des hommes courageux qui existent encore dans ce pays n’est donc, selon l’auteur, nullement une coïncidence.
CES GENS-LÀ revendiquent leur place, leur identité et leur engagement, avec une conviction affichée : œuvrer pour le triomphe de la vérité.
Maam Cheikh
DMWM / Axe Dakar 1
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