L’UNION DES MAGISTRATS DU SÉNÉGAL BRISE LE SILENCE : « LA JUSTICE RESTE INDÉPENDANTE ET IMPERMÉABLE À TOUTE PRESSION »

17/04/2025 Djibril Diallo 2
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Pour la première fois, Ousmane Chimère Diouf, président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), a pris la parole sur les questions sensibles touchant le secteur de la justice. Dans un entretien accordé à RFM mercredi, il a voulu rassurer l’opinion publique : « La justice sénégalaise demeure indépendante et n’obéit à aucun homme politique. »

Aligné avec les propos récents du ministre de la Justice, Ousmane Diagne, le président de l’UMS a catégoriquement rejeté l’idée de pressions sur les magistrats. Il a souligné que, bien que la politique pénale soit définie par le gouvernement, son application doit être réalisée par les magistrats en toute indépendance, conformément à la Constitution. « Nous sommes conscients que la politique pénale est définie par le gouvernement, ce n’est pas nouveau. Mais il faut préciser que l’application de cette politique relève uniquement des magistrats. Nous ne recevons d’instructions d’aucun autre pouvoir. La Constitution est claire à ce sujet, » a-t-il déclaré.

Diouf a également réfuté les accusations d’instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, souvent véhiculées par certains membres de l’opposition. Selon lui, « la justice ne doit pas céder aux pressions sociales ou politiques. Elle doit rester imperméable, quelle que soit l’origine de ces pressions. »

Concernant les critiques adressées à la Cour des comptes suite à son rapport sur les finances publiques, l’UMS a exprimé sa solidarité envers cette institution et a déploré les attaques injustifiées contre ses membres.

À propos des lenteurs dans certains dossiers, notamment ceux liés à la reddition des comptes, le président de l’UMS a appelé les Sénégalais à faire preuve de patience : « Certains dossiers sont complexes et nécessitent des enquêtes approfondies. Il faut laisser à la justice le temps de faire son travail correctement. »

Enfin, en ce qui concerne la participation du président de la République au Conseil supérieur de la magistrature, l’Union des magistrats du Sénégal ne voit aucun inconvénient tant que les juges préservent leur liberté de décision. « Les magistrats ne reçoivent de consigne ni du président de la République ni du ministre de la Justice, » a-t-il ajouté.

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