GUINÉE : L’ANCIEN PRÉSIDENT DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE CONDAMNÉ À SEPT ANS DE PRISON

21/10/2026 Djiby 848
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Par P K Faye 

L’ancien président de la Cour constitutionnelle de Guinée, Mohamed Lamine Bangoura, a été condamné mercredi à sept ans de prison par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), à Conakry. Il était poursuivi notamment pour enrichissement illicite, corruption, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux.

 

La juridiction spécialisée dans la lutte contre la criminalité économique et financière lui reproche des faits liés à la gestion des fonds alloués à la Cour constitutionnelle. En plus de la peine d’emprisonnement, Mohamed Lamine Bangoura devra payer une amende de deux milliards de francs guinéens, soit environ 200 722 euros. Il est également frappé d’une inéligibilité de cinq ans.

 

La cour a par ailleurs ordonné la confiscation de ses biens situés en Guinée et au Sénégal. Détenu depuis décembre 2022, l’ancien magistrat a toujours contesté les accusations portées contre lui. Sa défense avait plaidé la relaxe.

 

DEUX CO-ACCUSÉS CONDAMNÉS À DIX ANS DE PRISON

 

L’affaire concerne également deux autres anciens responsables, jugés aux côtés de Mohamed Lamine Bangoura. En fuite, ils ont chacun été condamnés à dix ans d’emprisonnement et à une amende de cinq milliards de francs guinéens, soit environ 501 800 euros. Des mandats d’arrêt ont été délivrés à leur encontre.

 

Les trois hommes ont en outre été condamnés solidairement à verser 41 milliards de francs guinéens à l’État guinéen, une somme évaluée à environ 4,1 millions d’euros.

 

En juin dernier, le parquet avait requis contre Mohamed Lamine Bangoura dix ans de prison ferme, une amende de 50 milliards de francs guinéens et la confiscation de ses biens.

 

UNE PROCÉDURE INSCRITE DANS LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

 

Mohamed Lamine Bangoura figure parmi quelque 180 hauts cadres et anciens ministres du régime d’Alpha Condé, qui a dirigé la Guinée de 2010 à 2021, visés par des procédures engagées par la CRIEF depuis novembre 2022.

 

Cette juridiction a été mise en place par les autorités militaires arrivées au pouvoir après le coup d’État de septembre 2021, qui a renversé le président Alpha Condé.

 

Le général Mamadi Doumbouya, auteur du putsch, a ensuite été élu président lors de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, malgré son engagement initial à restituer le pouvoir aux civils à l’issue de la transition.

 

S’il avait assuré qu’il n’y aurait pas de « chasse aux sorcières » en Guinée, l’opposition continue de dénoncer des restrictions des libertés publiques et une instrumentalisation de la justice. Des accusations que les autorités sont appelées à confronter aux garanties d’indépendance judiciaire et de respect des droits de la défense.

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