GUINÉE ÉQUATORIALE : MALABO AFFIRME AVOIR DÉJOUÉ UN PROJET DE COUP D’ÉTAT, L’OPPOSITION CONTESTE

04/09/2026 Djibril Diallo 758
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Les autorités de Guinée équatoriale enquêtent sur ce qu’elles présentent comme une tentative de coup d’État qui aurait été déjouée après la saisie, fin juin, d’un conteneur au port de Bata. Selon Malabo, des armes auraient été découvertes dans cette cargaison, qui serait liée à des responsables de la Coalition pour la restauration et la démocratie (Cored), une organisation d’opposition. Cette version est contestée par la Cored.

D’après des informations rapportées par Jeune Afrique, les services de renseignement russes, dont la présence en Guinée équatoriale s’est renforcée avec le déploiement d’éléments d’Africa Corps, auraient transmis aux autorités locales des renseignements concernant un conteneur arrivé d’Europe au port de Bata.

UN CONTENEUR SAISI AU PORT DE BATA

Le conteneur aurait été saisi les 25 ou 26 juin. Selon les autorités policières équato-guinéennes, il aurait été affrété par Filiberto Manale Andem, présenté comme un cadre de la Cored.

La police affirme avoir découvert des armes à l’intérieur de la cargaison. La Cored rejette toutefois cette accusation et conteste la présentation faite par les autorités sur la nature et la destination du conteneur.

À la suite de cette saisie, plusieurs personnes considérées comme proches de Filiberto Manale Andem et de Salomon Abeso Ndong, dirigeant politique de la Cored, auraient été interpellées et interrogées.

DES PROCHES D’OPPOSANTS ENTENDUS

Selon les informations disponibles, des membres des familles des deux responsables auraient également été entendus par les services de sécurité. Parmi les personnes interrogées figureraient notamment des frères, des cousins ainsi que la mère de Salomon Abeso Ndong. Ces personnes auraient ensuite été remises en liberté.

Pour les autorités équato-guinéennes, la saisie du conteneur aurait permis de prévenir une opération destinée à renverser le pouvoir. Des investigations auraient également été engagées au sein des services de sécurité afin de déterminer si d’éventuelles complicités existaient à l’intérieur de l’appareil d’État.

LES DÉPLACEMENTS DE SALOMON ABESO NDONG EXAMINÉS

Les services de renseignement équato-guinéens s’intéresseraient par ailleurs aux déplacements récents de Salomon Abeso Ndong, notamment à un séjour en République centrafricaine et à un voyage qu’il aurait envisagé au Gabon.

Ces déplacements seraient considérés avec suspicion par les autorités de Malabo. À ce stade, aucun élément présenté dans les informations disponibles ne permet toutefois d’établir un lien direct entre ces voyages et le projet de coup d’État allégué.

LA CORED AU CENTRE DES INVESTIGATIONS

Les investigations semblent désormais porter plus largement sur les réseaux et les activités de la Cored. Les autorités équato-guinéennes chercheraient notamment à déterminer si l’organisation dispose de relais ou de soutiens à l’étranger.

Le pouvoir de Malabo s’intéresserait particulièrement aux activités de Salomon Abeso Ndong en Europe et en France. Des soupçons porteraient également sur un éventuel soutien financier indirect à la Cored par l’intermédiaire d’associations et avec des fonds qui seraient liés à l’entreprise française TotalEnergies.

Ces accusations de financement ne sont toutefois pas établies comme des faits dans les éléments actuellement disponibles et doivent, à ce stade, être considérées comme des allégations des autorités.

UN DOSSIER QUI S’INSCRIT DANS UN CONTEXTE TENDU AVEC LA FRANCE

Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique et judiciaire déjà sensible entre la Guinée équatoriale et la France. Les deux pays sont notamment liés par le contentieux des « biens mal acquis », dont l’un des principaux volets concerne l’immeuble situé au 42 avenue Foch à Paris, associé au vice-président équato-guinéen Teodoro Nguema Obiang Mangue.

Pour l’heure, Malabo maintient donc sa version selon laquelle une tentative de putsch aurait été empêchée grâce à des renseignements transmis par ses partenaires russes. De son côté, l’opposition, notamment la Cored, rejette les accusations relatives au conteneur d’armes.

Les investigations doivent désormais permettre aux autorités de déterminer l’origine exacte des armes présumées, leur destination et l’existence éventuelle de personnes ayant participé ou apporté un soutien à l’opération alléguée.

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