DETTE DU SÉNÉGAL : ENTRE EXIGENCE DE TRANSPARENCE ET NÉCESSITÉ D’UN TRAITEMENT SOUTENABLE

08/10/2026 La Rédaction 331
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Par: Assane Diop

La crise de la dette publique sénégalaise continue d’alimenter le débat sur la transparence, la soutenabilité des finances publiques et la souveraineté économique. À Dakar, un panel consacré au thème « Dette, accord FMI et souveraineté économique : quelles voies endogènes pour un Sénégal souverain, prospère et résilient ? » s’est tenu mercredi 7 octobre 2026, à Sacré-Cœur 3, sur la VDN.

La rencontre a réuni des représentants de la société civile, de l’administration et du monde universitaire. Les échanges ont porté sur les moyens de traiter durablement la dette tout en préservant les capacités de l’État à financer le développement, les services publics et les politiques sociales.

Souleymane Gueye plaide pour une concertation nationale

Membre de l’Initiative Audit citoyen de la dette du FRAPP, Souleymane Gueye a appelé à dépasser les clivages politiques et idéologiques pour faire de la dette une question d’intérêt national.

Selon lui, la situation actuelle devrait conduire à l’ouverture d’un cadre de concertation réunissant les différentes composantes de la société sénégalaise. Il a notamment défendu l’idée d’un audit citoyen de la dette, ainsi qu’un renforcement de la transparence dans la gestion des finances publiques et une clarification des responsabilités.

Pour Souleymane Gueye, le débat ne doit pas porter uniquement sur le niveau de l’endettement. Il doit également concerner les mécanismes institutionnels et juridiques qui encadrent le recours à la dette publique.

Il préconise ainsi une révision du cadre légal et réglementaire, notamment en matière de contrôle parlementaire et de procédures d’endettement, afin de renforcer les mécanismes de prévention et de contrôle.

Dr Abdoulaye Ndiaye : « Éviter un traitement temporaire »

De son côté, le Dr Abdoulaye Ndiaye, enseignant à l’Université de New York, a appelé à la prudence dans le traitement de la dette sénégalaise.

Son analyse met en avant la nécessité d’éviter une solution qui se limiterait à reporter les difficultés à moyen terme. Pour l’économiste, le Sénégal doit rechercher un traitement suffisamment robuste pour retrouver durablement des marges de manœuvre budgétaires.

Cette marge budgétaire apparaît, selon lui, indispensable pour permettre à l’État de poursuivre le financement des politiques sociales, d’accompagner les entreprises nationales et de soutenir la croissance économique.

Le Dr Ndiaye a également évoqué la nécessité d’un partage équitable de l’effort entre l’État et ses différents créanciers. À ses yeux, un simple rééchelonnement des échéances pourrait ne pas régler durablement le problème si les conditions financières demeurent trop contraignantes.

Transparence, souveraineté et réforme structurelle

Les discussions ont ainsi fait émerger plusieurs priorités : transparence dans la gestion publique, contrôle citoyen, réforme du cadre juridique, soutenabilité de la dette, préservation des politiques sociales et recherche de solutions endogènes.

Au-delà du traitement immédiat de la dette, l’enjeu consiste désormais à tirer les enseignements de la situation actuelle et à renforcer les mécanismes de gouvernance des finances publiques.

La question posée est donc plus large que celle du niveau de l’endettement : comment permettre au Sénégal de financer durablement son développement tout en préservant sa capacité d’action et en évitant de transférer une charge excessive aux générations futures ?

Le panel organisé à Dakar a, en tout cas, illustré la volonté de plusieurs acteurs de maintenir le débat sur la dette dans l’espace public. Un débat qui touche désormais à la gouvernance économique, à la souveraineté financière et à la justice entre générations.

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