CEDEAO-AES : À DAKAR, LE DIALOGUE REPREND POUR SAUVER L’INTÉGRATION OUEST-AFRICAINE

Par: Assane Diop
Réunis à Dakar, les représentants de la CEDEAO et de la Confédération des États du Sahel (AES) ont relancé le dialogue. Objectif : préserver les acquis de 50 ans d’intégration malgré le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
C’est une nouvelle étape décisive pour l’Afrique de l’Ouest. Dans la capitale sénégalaise, les deux organisations ont tenté de poser les bases d’une future coopération.
Dakar veut préserver les liens entre les peuples
Dans son discours d’ouverture, le ministre sénégalais des Affaires étrangères a salué la présence des délégations. Au nom des autorités sénégalaises, il a insisté sur la nécessité de construire « un cadre de coopération durable, respectueux des choix de chaque partie ».
Pour Dakar, l’enjeu est clair : que les divergences institutionnelles ne détruisent pas la vie des citoyens, des commerçants, des étudiants et des familles qui vivent entre les frontières.
L’AES prête pour un dialogue franc
Le représentant de l’AES, qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a remercié le Sénégal pour son accueil. Il a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans la continuité des échanges de Bamako de mai 2025.
L’AES se dit disponible pour un dialogue « fondé sur la franchise, la sincérité et le respect mutuel » et veut désormais définir un cadre juridique pour organiser les futures relations avec la CEDEAO.
La CEDEAO : 50 ans d’acquis à ne pas perdre
Le président de la Commission de la CEDEAO a, lui, rappelé l’histoire commune. « Les relations entre les États ne peuvent être réduites aux seuls textes », a-t-il martelé. Histoire, géographie, commerce, migrations, familles : c’est un patrimoine commun.
Le Burkina, le Mali et le Niger ont participé à la construction de la CEDEAO depuis 1975. Leur retrait, effectif depuis le 29 janvier 2025, ne doit pas effacer ces acquis.
UA et ONU soutiennent la démarche
L’Union africaine et les Nations unies, présentes à Dakar, ont encouragé la démarche. Le message : respecter la souveraineté de chaque État tout en trouvant des solutions concrètes sur la sécurité, le commerce transfrontalier, la transhumance, la santé et le climat.
Les vrais enjeux : circuler, commercer, se sécuriser
Au-delà des discours, les sujets qui touchent directement les populations sont sur la table :
• La libre circulation des personnes et des biens
• La sécurité transfrontalière et la lutte contre le terrorisme
• Les infrastructures, l’énergie, le commerce régional
• La mobilité des étudiants et des travailleurs
L’objectif est d’éviter que les changements institutionnels ne bloquent les commerçants, les transporteurs et les familles.
Les discussions ne règlent pas tout. Mais elles ouvrent un cadre. La réussite se mesurera à une seule chose : des résultats concrets pour les populations.
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