AUJOURD’HUI : 2 FEVRIER 1995, L’ARTISTEPAPE SECK SERIGNE DAGANA TIRE SA REVERENCE

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Une des plus grandes figures de la musique afro-cubaine au Sénégal, l’artiste Pape Seck fera parler de lui tant sur plan national que sur le plan international. A l’instar d’autres grands noms de ce genre musical communément appelé salsa, le natif de Dagana aura largement contribué à sa popularisation, notamment en chantonnant en langue wolof, des titres qui résistent toujours à l’oubli. Atteint de cancer de foie, il décède quadragénaire, le 2 février 1995.
Né à Dagana (Walo) le 20 juillet 1946, Pape Seck sera comme inspiré par les muses du lac de Guiers qui ceinture sa ville natale. Surnommé Serigne Dagana, en référence à son terroir auquel il a un indéfectible attachement, le jeune Pape Seck s’imposera sur la scène musicale avec sa voix mélodique. Malgré la présence d’autres grands noms de la musique afro-cubaine, Serigne Dagana tirera son épingle du jeu et apparaitra non seulement comme l’un des précurseurs mais aussi et surtout comme l’une des plus belles voix de la salsa
Elève au lycée Charles de Gaulle de Saint-louis, ville où la musique afro-cubaine était particulièrement vivante, Pape Seck aura le privilège de côtoyer de grands artistes au sein du Star Jazz de Saint-Louis. Cette inclination vers la musique va porter un coup à ses études puisque le jeune homme de 18 ans séchait les cours pour les salles de répétition. Cette attitude lui permettra de vivre pleinement sa passion et d’en remplir les plus grandes ambitions. Son brevet en poche, Serigne Dagana quitte l’école alors qu’il était en seconde.

Après avoir conquis Saint-Louis, Pape Seck fait cap sur Dakar où il intégrera le « Star Band ». Ici, il va côtoyer d’autres grandes pointes de la musique afro-cubaine comme le très réputé Laba Socé, Dexter Jonson entre autres. Quand le premier nommé quittera la bande pour d’autres horizons, Pape SeckSerigne Dagana prend le relais et impressionnera plus d’un. Il quittera le « Star Band » pour aller à l’assaut de l’Afrique.
Dans la discographie de Pape Seck, de gros titres ont su résister à l’oubli. Il s’agit entre autres de Thielly, Caramelo, Ma thiaki, et d’autres qu’il a chantés en tant que chef d’orchestre du noueau groupe Number One dont « liiti liiti », « Obligé Wadada », « Taal bou Yalla taal », etc. Cette voix majestueuse dirigera aussi l’Orchestre national du Sénégal et parcourra bien des contrées dans le monde.
Atteint du cancer de foie, Pape Seck décèdera le 2 février 1995, emportant avec lui une part importante de la vie de la salsa, orpheline depuis son départ.
Par Ababacar Gaye