LFR 2026 rejetée : Cheikh Diba annonce que le Président et le Premier ministre prendront leurs responsabilités

03/11/2026 Djiby 1 669
Publicité

A peine le vote acté, la riposte de l’Exécutif. Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, s’est adressé à la presse à la sortie de l’Hémicycle après le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026.

Le ministre a voulu se montrer rassurant sur la suite.

« Sans ambages, je sais que le président de la République, au nom de ses responsabilités, prendra les dispositions qu’il faut pour permettre que les mesures importantes contenues dans le projet de loi de finances rectificative puissent être exécutées », a-t-il déclaré.

Selon Cheikh Diba, le chef de l’Etat et le Premier ministre décideront « des voies et moyens pour dépasser cette situation » née du vote de la question préalable défendue par le député Amadou Ba et adoptée par 109 voix contre 20.

« Ils ont fui le débat », Cheikh Diba charge les députés Pastef

Au-delà de l’annonce institutionnelle, le ministre a livré une charge politique directe contre la majorité parlementaire.

Il a vivement critiqué l’attitude des parlementaires de Pastef, qu’il accuse d’avoir fui le débat. Pour le ministre, l’Assemblée nationale n’a pas voulu permettre des échanges sur le contenu du projet de loi, empêchant ainsi les Sénégalais de comprendre les enjeux des mesures proposées.

Une allusion directe au climat tendu de la journée, où lui-même et son collègue du Budget avaient déjà dénoncé un rapport de la Commission des finances jugé infidèle.

La défense de la sincérité budgétaire : l’article 47 de la LOLF

Réagissant aux critiques sur la sincérité budgétaire qui ont motivé en partie le rejet, Cheikh Diba a invoqué le droit.

Il a rappelé que l’article 47 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) prévoit la présentation d’un projet de loi de finances rectificative lorsque des modifications substantielles interviennent dans les prévisions de recettes ou de dépenses, ou dans les dispositions législatives et réglementaires ayant une incidence sur le budget.

Pour le ministre, le gouvernement a donc respecté une exigence légale en soumettant le projet de LFR 2026. Il estime toutefois que les députés n’ont pas souhaité débattre du fond pour, selon ses termes, « ne pas permettre aux Sénégalais de connaître les enjeux réels de cette réforme budgétaire ».

La balle est désormais dans le camp du Palais et de la Primature pour trouver la voie juridique et politique permettant de faire appliquer les mesures contenues dans ce collectif budgétaire avorté.

Articles similaires