Entrepreneuriat vert : Yacine Dia Ndiaye plaide pour un leadership féminin au service d’une économie durable

Par Assane Diop
À l’occasion du bilan de la première cohorte et du lancement de la deuxième cohorte du programme IYBA We4A, Yacine Dia Ndiaye a mis en avant la nécessité de renforcer l’accompagnement des femmes entrepreneures. Leadership, structuration des entreprises, accès au financement et développement des marchés constituent, selon elle, des leviers essentiels pour bâtir un entrepreneuriat féminin plus performant et respectueux de l’environnement.
L’entrepreneuriat féminin s’affirme progressivement comme un levier de transformation économique au Sénégal, notamment dans les secteurs liés à la préservation de l’environnement. C’est dans cette perspective que s’inscrit le programme IYBA We4A, une initiative destinée à soutenir les femmes qui développent des activités dans les différents domaines de l’économie verte.
Lors de la cérémonie de restitution des résultats de la première cohorte et de lancement de la deuxième, Yacine Dia Ndiaye, présidente d’une structure spécialisée dans l’accompagnement des femmes entrepreneures, a insisté sur l’importance d’un dispositif d’appui axé sur les résultats, l’évaluation et le partage d’expériences.
Pour elle, cette rencontre représente une occasion de mesurer les progrès réalisés, d’identifier les difficultés rencontrées par les bénéficiaires et de tirer les enseignements nécessaires pour améliorer les mécanismes d’accompagnement. L’ambition est de permettre aux entreprises dirigées par des femmes de consolider leurs acquis, de gagner en compétitivité et de mieux exploiter les opportunités économiques.
Leadership, structuration et performance au cœur de l’accompagnement
Le programme IYBA We4A mise sur un accompagnement multidimensionnel pour renforcer les capacités des bénéficiaires. Les formations proposées concernent notamment le leadership, la structuration organisationnelle, la gestion financière, l’éducation financière, le marketing et le développement commercial.
L’objectif est de doter les entrepreneures de compétences pratiques leur permettant d’améliorer la gestion de leurs activités, de mieux maîtriser leurs ressources et de préparer leurs entreprises à accéder aux marchés et aux mécanismes de financement.
Yacine Dia Ndiaye s’est félicitée des acquis de la première cohorte. Les retours des participantes font notamment état d’une évolution de leur posture entrepreneuriale, d’un renforcement de leurs capacités de leadership et d’une meilleure organisation de leurs entreprises.
Ces résultats illustrent, selon elle, l’importance d’un accompagnement qui ne se limite pas à la transmission de connaissances, mais qui permet également aux bénéficiaires de traduire les apprentissages en changements concrets dans leurs pratiques professionnelles.
Un réseau national pour renforcer les synergies
Au-delà des sessions de formation, IYBA We4A ambitionne de favoriser la constitution d’un réseau national de femmes entrepreneures. Cette dynamique repose sur la collaboration entre plusieurs structures d’accompagnement et différents acteurs institutionnels et universitaires.
Parmi les entités impliquées figurent notamment des représentantes de Guédiawaye, du Centre régional de recherche et de formation, de l’Université Assane Seck de Ziguinchor ainsi que de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME).
Cette diversité de partenaires doit contribuer à faciliter les échanges d’expériences, à encourager les collaborations et à développer des synergies entre les différentes chaînes de valeur. La perspective est également d’étendre ces interactions à l’échelle africaine, à travers des passerelles entre les réseaux d’entrepreneuriat féminin.
L’économie verte, un nouveau champ d’opportunités
L’orientation du programme vers l’économie verte constitue l’un de ses principaux axes d’intervention. Plusieurs secteurs sont concernés, notamment l’agroalimentaire, l’écotourisme, la valorisation des déchets et l’économie bleue.
Pour Yacine Dia Ndiaye, le défi consiste à accompagner les femmes dans la création d’entreprises capables de générer des revenus et des emplois tout en contribuant à la préservation des ressources naturelles.
Dans un contexte marqué par les conséquences du changement climatique, elle estime que la performance entrepreneuriale doit désormais intégrer les exigences du développement durable. La réduction des déchets, la maîtrise des coûts énergétiques, la valorisation des ressources locales et l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement figurent ainsi parmi les enjeux à prendre en compte.
Cette approche vise à promouvoir un modèle économique conciliant rentabilité, innovation et responsabilité environnementale.
Le financement, un obstacle persistant pour les entrepreneures
Malgré les progrès enregistrés, l’accès au financement demeure l’une des principales difficultés auxquelles sont confrontées les femmes entrepreneures. Les contraintes liées à la mobilisation des ressources et à l’accès aux marchés limitent encore les perspectives de développement de nombreuses entreprises.
Face à cette situation, Yacine Dia Ndiaye appelle à une mobilisation accrue des pouvoirs publics et des acteurs économiques afin de créer un environnement plus favorable à l’entrepreneuriat féminin.
Elle préconise notamment une meilleure collaboration entre l’État, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que les institutions bancaires. Une telle coopération pourrait favoriser la mise en place de mécanismes de garantie plus accessibles, faciliter l’obtention de crédits et proposer des solutions mieux adaptées aux réalités des entreprises dirigées par des femmes.
Son plaidoyer s’adresse également aux partenaires qui soutiennent déjà ces initiatives, afin de renforcer les dispositifs de financement et d’accompagnement nécessaires à la croissance des entreprises féminines.
Femmes et jeunes, acteurs de la transformation économique
À travers cette nouvelle cohorte, le programme IYBA We4A entend consolider les acquis de la première phase et élargir les perspectives offertes aux femmes engagées dans l’entrepreneuriat vert.
Pour Yacine Dia Ndiaye, l’enjeu dépasse le renforcement des capacités individuelles. Il s’agit de construire un écosystème entrepreneurial plus inclusif, dans lequel les femmes et les jeunes disposent des compétences, des ressources et des réseaux nécessaires pour participer pleinement au développement économique du Sénégal.
Le lancement de cette deuxième cohorte ouvre ainsi une nouvelle étape dans cette dynamique d’accompagnement. À terme, l’ambition est de faire émerger des entreprises féminines plus structurées, capables d’innover, de créer des emplois et de répondre aux exigences d’une économie en pleine mutation.
L’entrepreneuriat vert féminin apparaît ainsi comme un levier potentiel de création de richesses, de lutte contre la précarité et de renforcement de la résilience économique du Sénégal, tout en plaçant la préservation de l’environnement au cœur des stratégies de développement.
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