LFR 2026 : OUSMANE SONKO ANNONCE QUE LE GROUPE PASTEF NE VOTERA PAS LE TEXTE EN L’ÉTAT ET DÉNONCE UNE COUPE DE 30% SUR LES SUBVENTIONS PÉTROLIÈRES

19/10/2026 La Rédaction 1 325
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Par Y Ndiongue

Le bras de fer entre l’exécutif et sa majorité parlementaire prend une tournure ouverte. Le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 est au cœur d’une crise politique majeure à Dakar.

 

Lors d’un point de presse tenu ce lundi 19 octobre 2026 à Dakar, Ousmane Sonko, président du parti Pastef et président de l’Assemblée nationale, a annoncé que les députés de sa formation ne voteront pas le projet de loi de finances rectificative en l’état.

 

Pour le chef de la majorité, qui compte 130 députés sur 165, il n’est pas question de servir de caution à des choix budgétaires qui feraient peser, selon lui, le coût de l’ajustement sur les populations.

 

Une baisse des subventions qui fait débat

 

Le principal point de crispation porte sur les subventions aux produits pétroliers. D’après les chiffres avancés par Ousmane Sonko, l’enveloppe consacrée à ces subventions passerait de 790 à 552 milliards de francs CFA, soit un recul d’environ 30%.

 

Une coupe que le président de Pastef juge directement préjudiciable au pouvoir d’achat. Elle se traduirait, redoute-t-il, mécaniquement par une hausse des prix à la pompe et par ricochet sur les prix pour les ménages.

 

« Voter le texte en l’état reviendrait à se rendre complice des difficultés qui s’abattront sur les Sénégalais », a-t-il martelé, estimant que rien n’oblige le pays à emprunter cette voie et que l’attention doit se porter sur les priorités des populations.

 

Ousmane Sonko estime par ailleurs que le projet s’éloigne des orientations de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Pour lui, l’adoption de la loi engagerait directement la responsabilité des députés devant les électeurs.

 

Sur le Fonds monétaire international, son ton est resté mesuré. Il affirme n’avoir rien contre l’institution, qu’il présente comme un partenaire.

 

Un calendrier sous pression

 

La LFR s’inscrit dans le sillage de l’accord conclu le 1er septembre entre Dakar et le FMI, pour un financement de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 245 milliards de francs CFA, sur 36 mois. Le texte doit intégrer des mesures fiscales négociées avec le Fonds, qui figurent parmi les conditions préalables au programme.

 

Le gouvernement en est conscient : un blocage parlementaire pourrait fragiliser un calendrier déjà serré. Le chef de l’État réclame d’ailleurs un examen prioritaire du texte.

 

Rupture consommée

 

Premier ministre de 2024 à 2026, Ousmane Sonko est également revenu sur sa rupture avec le président de la République. Il affirme l’avoir averti qu’on « ne peut pas faire du Pastef sans Pastef », et juge que l’entourage actuel du chef de l’État méconnaît le parti et s’est écarté de la ligne tracée.

 

Que peut-il se passer maintenant ? Avec sa majorité écrasante, Pastef dispose de deux leviers : rejeter purement et simplement le texte ou l’amender article par article. Le gouvernement devra donc apporter des réponses précises sur les points contestés, faute de quoi la loi de finances rectificative risque de ne pas passer en l’état.

 

La conférence des présidents doit désormais fixer le calendrier d’examen. L’issue de ce bras de fer sera déterminante, à la fois pour la suite de la législature et pour l’équilibre des finances publiques.

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