HUILE D’OLIVE : DAKAR ET TUNIS VEULENT ACCÉLÉRER LEUR COOPÉRATION ÉCONOMIQUE

07/10/2026 La Rédaction 537
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Par: Assane Diop

Les Journées de l’Huile d’Olive Tunisienne au Sénégal ont officiellement démarré ce mercredi 7 octobre 2026 à Dakar. Pour cette première édition, les acteurs tunisiens et sénégalais entendent dépasser le simple cadre des échanges commerciaux pour explorer de nouvelles opportunités d’investissement, de transformation et de création de chaînes de valeur dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Pendant trois jours, rencontres institutionnelles, panels, rendez-vous B2B, séances de networking, démonstrations culinaires et visites professionnelles réunissent des opérateurs économiques des deux pays.

La cérémonie d’ouverture a notamment enregistré la participation de l’ambassadeur de Tunisie au Sénégal, Rachid Saïdani, de la représentante de la GIZ, Amal Mguirbi, du vice-président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), Mohamed Seck, et du président-directeur général du Centre de promotion des exportations (CEPEX), Mourad Ben Hassine. Le ministère sénégalais de l’Industrie et du Commerce était représenté par son secrétaire général, Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye.

RACHID SAÏDANI : « UNE RENCONTRE QUI DÉPASSE LE CADRE D’UNE MISSION ÉCONOMIQUE »

Prenant la parole à l’ouverture, l’ambassadeur de Tunisie au Sénégal, Rachid Saïdani, a présenté cette première édition comme le résultat d’une collaboration entre le ministère tunisien du Commerce et du Développement des exportations, le CEPEX, l’ambassade de Tunisie à Dakar et leurs partenaires, notamment la GIZ.

Pour le diplomate, l’enjeu dépasse la promotion de l’huile d’olive tunisienne. Il s’agit de consolider une coopération économique fondée sur la confiance, l’innovation, le partage de savoir-faire et la création de valeur.

Rachid Saïdani a également insisté sur les obstacles qui continuent de limiter le commerce intra-africain, notamment certaines barrières sanitaires et non tarifaires ainsi que les contraintes logistiques.

Une délégation tunisienne composée de dix entreprises participe à cette mission. Ces opérateurs ne sont pas uniquement présents pour présenter leurs produits, mais également pour identifier des partenaires sénégalais, envisager des alliances stratégiques, explorer des investissements conjoints et développer des relations commerciales durables.

SÉNÉGAL ET TUNISIE MISENT SUR LEUR COMPLÉMENTARITÉ

Au nom du ministre sénégalais de l’Industrie et du Commerce, le secrétaire général Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye a souligné que cette initiative ne devait pas être réduite à la promotion d’un produit.

Selon lui, la dynamique de la ZLECAf offre aux deux pays l’occasion de valoriser leurs complémentarités. Le Sénégal dispose notamment d’un marché important, d’un potentiel de transformation et d’une position stratégique en Afrique de l’Ouest, tandis que la Tunisie bénéficie d’une expertise industrielle et d’un savoir-faire dans plusieurs domaines, notamment le conditionnement.

L’ambition affichée est de faire émerger, à travers les rencontres de Dakar, des contrats, des transferts de technologie et des chaînes de valeur communes.

LA GIZ VEUT DONNER UN CONTENU CONCRET À LA ZLECAf

Pour Amal Mguirbi, cheffe de la composante d’appui à la ZLECAf de la GIZ en Tunisie, l’enjeu est désormais de transformer l’accord continental en opportunités commerciales concrètes pour les entreprises africaines.

Elle a rappelé que la coopération technique entre la GIZ et le ministère tunisien du Commerce et du Développement des exportations sur les questions liées à l’intégration commerciale africaine remonte à 2019.

La représentante de la coopération allemande a notamment insisté sur la nécessité de développer des chaînes de valeur régionales permettant de conserver davantage de valeur ajoutée sur le continent, plutôt que de limiter les échanges africains à l’exportation de matières premières.

Dans cette perspective, la mission consacrée à l’huile d’olive tunisienne constitue, selon elle, une occasion de rapprocher les entreprises et de traduire les opportunités de la ZLECAf en partenariats industriels et commerciaux.

LA CNES PLAIDE POUR DES PARTENARIATS DURABLES

Représentant le patronat sénégalais, le vice-président de la CNES, Mohamed Seck, a appelé à dépasser la logique traditionnelle d’importation et d’exportation.

« Nous devons passer progressivement du simple échange commercial au véritable partenariat économique », a-t-il déclaré.

Plusieurs pistes ont été évoquées, notamment la distribution, la transformation, l’investissement, le transfert de savoir-faire, la création de joint-ventures et l’accès à de nouveaux marchés régionaux.

Le Sénégal pourrait ainsi servir de plateforme vers les marchés ouest-africains, tandis que l’expertise industrielle et technologique tunisienne pourrait être davantage mobilisée dans le cadre de nouveaux projets.

LE CEPEX VEUT RENFORCER LA PRÉSENCE DE L’HUILE D’OLIVE TUNISIENNE EN AFRIQUE

Le président-directeur général du CEPEX, Mourad Ben Hassine, a pour sa part présenté les ambitions tunisiennes pour la filière oléicole.

La Tunisie dispose d’une importante filière oléicole et figure parmi les principaux acteurs mondiaux du secteur. L’objectif affiché est désormais de renforcer la présence de ses produits sur les marchés africains, notamment à travers le développement des produits conditionnés et à plus forte valeur ajoutée.

Le responsable du CEPEX a relevé que la part de l’Afrique dans les exportations tunisiennes d’huile d’olive reste encore limitée au regard du potentiel du continent.

Le Sénégal apparaît ainsi comme un marché et une plateforme potentielle vers l’Afrique de l’Ouest.

DE L’EXPORTATION À LA CRÉATION DE VALEUR EN AFRIQUE

Au cœur des discussions figure une évolution du modèle commercial. L’objectif n’est plus seulement de vendre de l’huile d’olive tunisienne sur le marché sénégalais, mais d’examiner les possibilités de partenariats dans le conditionnement, la distribution, la transformation, la formation et le transfert de technologie.

Cette approche pourrait également ouvrir la voie à des investissements conjoints et à la création de nouvelles chaînes de valeur régionales.

Au-delà de la filière oléicole, les échanges engagés à Dakar concernent ainsi des secteurs plus larges tels que l’agroalimentaire, l’industrie, la logistique et les services associés.

TROIS JOURS POUR CONCRÉTISER LES OPPORTUNITÉS

Les Journées de l’Huile d’Olive Tunisienne au Sénégal se poursuivent pendant trois jours avec des tables rondes, des rencontres B2B, des séances de networking, des cooking shows et des visites professionnelles.

Cette première édition constitue un cadre de rapprochement entre les institutions et les entreprises des deux pays.

Pour Dakar et Tunis, l’enjeu est désormais de transformer les échanges en projets concrets et de faire de la ZLECAf un levier davantage opérationnel pour les entreprises africaines, à travers le développement des investissements, des partenariats industriels et des chaînes de valeur capables de générer davantage de valeur ajoutée sur le continent.

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