SOUDAN : LE VISA D’ABDEL FATTAH AL-BURHAN BLOQUÉ À LA VEILLE DE SON DISCOURS À L’ONU

23/09/2026 La Rédaction 567
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Par N Ndiaye

À la veille de son intervention prévue à l’Assemblée générale des Nations unies, le général Abdel Fattah al-Burhan n’a toujours pas obtenu de visa américain pour se rendre à New York. Le chef de l’armée soudanaise et président du Conseil souverain de transition devait représenter le Soudan lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale, avec un discours programmé jeudi 24 septembre.

Selon plusieurs sources diplomatiques citées par Reuters, la délivrance du visa américain aurait été liée à l’acceptation par al-Burhan d’une proposition de cessez-le-feu de 90 jours dans la guerre qui oppose depuis avril 2023 les Forces armées soudanaises aux Forces de soutien rapide (FSR). Le général soudanais aurait refusé cette condition.

Cette situation a conduit les autorités soudanaises à saisir directement les Nations unies. Dans une lettre adressée au secrétaire général António Guterres, l’ambassadeur du Soudan auprès de l’ONU a demandé une intervention immédiate auprès des autorités américaines afin d’obtenir le visa nécessaire pour al-Burhan et sa délégation.

WASHINGTON DURCIT SON DISCOURS SUR LES BELLIGÉRANTS

Le blocage intervient alors que Washington a durci sa position à l’égard des deux camps engagés dans le conflit soudanais.

Mardi 22 septembre, le porte-parole du département d’État américain, Tommy Pigott, a déclaré que ni les Forces armées soudanaises ni les Forces de soutien rapide, pas plus que leurs dirigeants respectifs, ne représentent un pouvoir constitutionnel légitime au Soudan.

Les États-Unis ont également appelé les deux camps à accepter une trêve humanitaire et à s’engager dans un processus politique devant conduire à une transition vers un gouvernement civil.

GUTERRES INTERPELLE WASHINGTON

La question du visa a également suscité une réaction du secrétaire général de l’ONU. António Guterres s’est déclaré « profondément préoccupé » par le fait qu’aucun visa n’ait, selon les informations disponibles, encore été délivré au dirigeant soudanais.

Le secrétariat de l’ONU a indiqué avoir immédiatement soulevé la question auprès des autorités américaines et poursuivre les échanges avec Washington. Guterres a appelé le pays hôte à respecter ses obligations découlant de l’accord relatif au siège des Nations unies.

Cet accord encadre notamment l’accès des représentants des États membres aux réunions de l’Organisation à New York. La question du visa soulève donc un enjeu diplomatique et institutionnel qui dépasse le seul différend entre Washington et Khartoum.

LE CONFLIT SOUDANAIS AU CŒUR DES TENSIONS

Le différend intervient alors que la guerre entre l’armée soudanaise et les FSR continue de provoquer une crise humanitaire majeure. Les efforts internationaux visant à obtenir une cessation durable des hostilités n’ont jusqu’ici pas permis de mettre fin aux combats.

Abdel Fattah al-Burhan a par le passé exprimé ses réserves à l’égard des cessez-le-feu proposés de l’extérieur, estimant notamment que des pauses dans les combats pourraient permettre aux forces paramilitaires de se réorganiser.

La question reste désormais de savoir si le général al-Burhan pourra finalement se rendre à New York pour prendre la parole devant l’Assemblée générale. À la veille de son intervention programmée, le différend sur son visa ajoute une nouvelle dimension aux tensions entre les autorités soudanaises et Washington.

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