MINISTÈRE DE L’ÉNERGIE ET DU PÉTROLE : L’ÉTAT CLARIFIE LE PÉRIMÈTRE DE L’ACCORD AVEC ENI ET DÉMENT TOUTE CESSION DE YAKAAR-TERANGA

Par: D.Niang
Le ministère de l’Énergie et du Pétrole a apporté, ce vendredi 18 septembre 2026, une mise au point officielle sur le protocole d’accord conclu entre l’État du Sénégal et le groupe italien Eni. Cette clarification intervient après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’informations présentant le gisement gazier de Yakaar-Teranga comme faisant partie des actifs concernés par le partenariat.
Dans un communiqué, le département dirigé par El Hadji Abdourahmane Diouf dément formellement cette interprétation et précise que le protocole signé avec Eni ne porte pas sur le périmètre de Yakaar-Teranga.
CINQ BLOCS OFFSHORE AU CŒUR DU PROTOCOLE
Selon le ministère, l’accord conclu avec Eni porte exclusivement sur des travaux d’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs offshore.
Les périmètres concernés sont les suivants : SN01M (Saint-Louis Offshore Shallow), SN02M (Cayar Offshore Shallow), SN03M (Rufisque Offshore), SN07M (Saint-Louis Offshore Profond 2) et SN40M (Sénégal Offshore Sud Profond).
Le gouvernement insiste ainsi sur la délimitation précise des zones visées par le protocole, afin de distinguer ces périmètres du bloc abritant les découvertes de Yakaar et Teranga.
YAKAAR-TERANGA RATTACHÉ AU BLOC SN08M
Dans sa mise au point, le ministère rappelle que le nouveau découpage du domaine pétrolier et gazier national rattache les découvertes de Yakaar et Teranga au bloc SN08M.
Or, selon le département de l’Énergie et du Pétrole, le SN08M ne figure pas parmi les cinq blocs concernés par le protocole signé avec Eni. Les autorités en déduisent que le gisement Yakaar-Teranga n’entre pas dans le périmètre de cet accord.
Cette précision constitue l’un des principaux éléments avancés par le ministère pour répondre aux informations faisant état d’une prétendue cession du gisement à la compagnie italienne.
DES CARTES ANCIENNES À L’ORIGINE DE LA CONFUSION
Le ministère s’est également expliqué sur les documents cartographiques utilisés dans certaines publications diffusées en ligne.
Selon les autorités, certaines cartes présentées pour établir un lien entre Eni et Yakaar-Teranga correspondent à d’anciennes versions de travail et ne reflètent pas le découpage actuellement retenu pour le domaine pétrolier national.
Pour le gouvernement, l’utilisation de ces documents obsolètes serait donc susceptible d’entretenir une confusion sur les périmètres effectivement concernés par le protocole.
UN PROTOCOLE D’ÉVALUATION, PAS UN CONTRAT PÉTROLIER
Le ministère apporte également une précision sur la nature juridique de l’accord.
Le protocole conclu avec Eni ne constitue, selon le communiqué, ni un contrat pétrolier, ni une concession, ni une attribution de titre d’exploration ou d’exploitation.
Il autorise la compagnie italienne à réaliser, à ses propres frais, des travaux préliminaires de nature géologique et géophysique destinés à mieux évaluer le potentiel des cinq blocs concernés. Le dispositif prévoit également des échanges techniques et un rôle de PETROSEN dans le processus.
Cette distinction juridique est centrale dans la communication du ministère : la réalisation d’études sur des périmètres offshore ne signifie pas, à elle seule, l’attribution de droits pétroliers à l’entreprise concernée.
AUCUN DROIT D’EXPLOITATION AUTOMATIQUE
Le département de l’Énergie et du Pétrole précise par ailleurs que le protocole ne confère à Eni aucun droit automatique à l’exploration ou à l’exploitation des ressources concernées.
Une éventuelle conclusion ultérieure d’un contrat pétrolier resterait soumise aux procédures, négociations et approbations prévues par la législation et la réglementation sénégalaises.
Le gouvernement entend ainsi distinguer clairement la phase d’évaluation prévue par l’accord de toute éventuelle attribution future de droits pétroliers.
LE GOUVERNEMENT RÉAFFIRME SON APPROCHE INSTITUTIONNELLE
À travers cette mise au point, le ministère de l’Énergie et du Pétrole cherche à rétablir les contours institutionnels et juridiques du partenariat conclu avec Eni.
Le département dirigé par El Hadji Abdourahmane Diouf appelle, dans ce contexte, à une diffusion responsable des informations relatives aux ressources pétrolières et gazières du Sénégal.
Cette clarification intervient alors que le dossier Yakaar-Teranga fait déjà l’objet d’un débat public plus large, notamment depuis le retrait de Kosmos Energy et les interrogations exprimées par plusieurs acteurs sur les conditions contractuelles et financières entourant ce dossier.
Pour le ministère, le protocole avec Eni doit donc être appréhendé à partir de son périmètre géographique et de sa portée juridique : cinq blocs offshore destinés à faire l’objet d’études, sans attribution automatique de droits pétroliers et sans inclusion du bloc SN08M associé à Yakaar-Teranga.
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