FONDS FORCE COVID : ALASSANE DIALLO ET IBRAHIM ISSA BÉNÉFICIENT D’UN NON-LIEU DANS L’AFFAIRE DES 119,87 MILLIONS DE F CFA

17/09/2026 La Rédaction 768
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Par: M. Sow

Les poursuites visant l’ancien directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du ministère des Mines, Alassane Diallo, et l’homme d’affaires Ibrahim Issa, dans une affaire portant sur un marché de 119,87 millions de F CFA, prennent fin avec la confirmation du non-lieu par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar.

 

L’affaire trouve son origine dans les observations formulées par la Cour des comptes sur la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19, pour la période 2020-2021. Elle concernait un marché relatif à la construction et à l’équipement d’une unité de traitement gravimétrique destinée aux orpailleurs de Kédougou.

 

119,87 MILLIONS DE F CFA AU CŒUR DU DOSSIER

 

Dans le cadre de ce marché attribué à la Société commerciale du Groupe Issa (SCGI), le Trésor public avait décaissé 119,87 millions de F CFA. Une partie de la somme, soit 73,2 millions de F CFA, avait été réglée alors que les travaux de construction n’avaient pas encore été réalisés sur le site prévu. Cette situation avait été relevée dans le rapport de la Cour des comptes.

 

Entendus dans le cadre de la procédure, Alassane Diallo et Ibrahim Issa avaient expliqué que le paiement anticipé répondait à la volonté de préserver les crédits disponibles avant la clôture de l’exercice budgétaire 2020.

 

La réalisation du projet restait notamment conditionnée à la mise à disposition d’un terrain d’environ 1 000 m² à Kédougou.

 

LE MATÉRIEL ACQUIS ET ACHEMINÉ À KÉDOUGOU

 

L’instruction judiciaire s’est également intéressée à la réalité de l’exécution du marché. Un procès-verbal de constat établi par huissier a notamment documenté l’existence d’équipements évalués à environ 80 millions de F CFA.

 

Selon les éléments retenus dans la procédure, le matériel avait été acquis auprès d’un fournisseur puis, ultérieurement, acheminé et livré à Kédougou. Des documents de livraison ont été versés au dossier.

 

Le magistrat instructeur a ainsi retenu l’existence d’un début d’exécution du marché, considérant que l’absence de réalisation des travaux de construction était notamment liée à l’indisponibilité du site.

 

UNE IRRÉGULARITÉ ADMINISTRATIVE, MAIS PAS D’INTENTION FRAUDULEUSE RETENUE

 

Dans son ordonnance de non-lieu, le juge d’instruction a reconnu que le paiement avait été effectué avant la réalisation du service. Cette situation constituait une irrégularité sur le plan de la procédure administrative.

 

Toutefois, cette irrégularité n’a pas été considérée comme suffisante pour établir l’existence d’une volonté de détourner ou de soustraire les deniers publics.

 

Le magistrat a notamment estimé que l’élément moral nécessaire à la caractérisation de l’infraction prévue par l’article 152 du Code pénal n’était pas établi. Il a donc ordonné le non-lieu en faveur d’Alassane Diallo et d’Ibrahim Issa.

 

LA COUR D’APPEL CONFIRME LE NON-LIEU

 

La décision du troisième cabinet d’instruction a ensuite fait l’objet d’un appel. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a rendu son arrêt le 3 septembre 2026, confirmant le non-lieu dans toutes ses dispositions.

 

Un certificat de non-pourvoi a par ailleurs été délivré le 14 septembre 2026 par le greffe de la Cour d’appel de Dakar, selon des informations rapportées par Seneweb.

 

Ainsi, sur ce dossier précis, Alassane Diallo et Ibrahim Issa ne sont plus poursuivis pour les faits de détournement de deniers publics qui leur étaient reprochés.

 

Cette décision judiciaire intervient alors que les suites judiciaires du dossier des fonds « Force Covid » continuent de faire l’objet d’une attention particulière au Sénégal.

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