ACCORD AVEC LE FMI : EL HADJ ALIOUNE DIOUF APPELLE À « RÉGLER NOS PROBLÈMES » PAR LA RIGUEUR ET LA MAÎTRISE DE LA DETTE

06/09/2026 Djibril Diallo 726
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L’accord technique conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) constitue une étape importante, mais il ne saurait, à lui seul, résoudre les difficultés économiques et financières du pays. C’est l’analyse livrée par l’économiste El Hadj Alioune Diouf, ancien directeur du Commerce intérieur, lors de son passage dans l’émission « Point de vue ».

Pour l’économiste, l’accord avec le FMI doit davantage être considéré comme un cadre permettant au Sénégal de corriger ses déséquilibres structurels que comme une solution définitive aux difficultés auxquelles le pays est confronté.

« L’accord avec le FMI ne règle pas nos problèmes. Par contre, l’accord avec le FMI peut permettre de régler nos problèmes », a-t-il résumé.

LE VÉRITABLE DÉFI : PASSER DES PLANS À L’EXÉCUTION

El Hadj Alioune Diouf estime que le Sénégal ne manque ni de compétences ni d’expertise pour élaborer des politiques économiques pertinentes. L’administration, le secteur privé et le monde universitaire disposent, selon lui, des ressources humaines nécessaires pour concevoir des stratégies efficaces.

Le problème se situe davantage au niveau de l’exécution des politiques publiques.

L’économiste a notamment insisté sur la question de la dette intérieure, dont le règlement constitue un enjeu majeur pour les entreprises sénégalaises. « Depuis deux ans, on en parle, mais c’est un problème qu’on n’a pas encore réglé », a-t-il regretté, appelant l’État à davantage d’exemplarité dans la gestion des ressources publiques.

RÉDUIRE LES DÉPENSES ET DONNER L’EXEMPLE

Face aux contraintes financières du pays, l’ancien directeur du Commerce intérieur plaide également pour une rationalisation des dépenses publiques. Une démarche qui, selon lui, doit concerner l’ensemble de la chaîne institutionnelle.

« Un dirigeant doit être exemplaire », a-t-il martelé.

Pour lui, l’adhésion des populations aux efforts demandés par les réformes économiques dépendra aussi de la capacité des responsables publics à montrer eux-mêmes l’exemple. La maîtrise des dépenses ne saurait donc être perçue comme un simple effort demandé aux citoyens.

DETTE : PRIVILÉGIER UNE APPROCHE PRAGMATIQUE

Sur la question de la dette publique, El Hadj Alioune Diouf appelle à dépasser les débats passionnels autour d’une éventuelle restructuration.

Une négociation bien maîtrisée pourrait, selon son analyse, permettre au Sénégal d’obtenir des marges de manœuvre financières, notamment à travers l’allongement des maturités et un réaménagement des échéances.

L’objectif, insiste-t-il, ne doit toutefois pas être de fuir le remboursement de la dette, mais de préserver la capacité du pays à investir.

« Nous pouvons payer cette dette, mais on ne veut pas être dans une situation où il faut payer la dette et ne pas investir », a-t-il expliqué.

MISER SUR LES COMPÉTENCES ET LE SECTEUR PRIVÉ NATIONAL

Au-delà des questions financières, l’économiste plaide pour un débat économique davantage centré sur l’expertise et moins marqué par les clivages politiques.

Il appelle notamment à soutenir les « champions » du secteur privé national afin qu’ils puissent jouer un rôle moteur dans la transformation industrielle du Sénégal.

S’appuyant sur la pensée de l’économiste François Perroux, il invite à « mettre au cœur de l’économie ceux qui savent, ceux qui peuvent », estimant que les acteurs disposant des compétences et des capacités nécessaires doivent être davantage associés à la stratégie de développement du pays.

« UNE JARRE PERCÉE » À COLMATER

En conclusion, El Hadj Alioune Diouf appelle à un sursaut collectif et patriotique pour renforcer les fondations de l’économie sénégalaise.

Il compare le pays à une « jarre percée », dont les fuites doivent être colmatées par l’ensemble des forces vives de la nation. Une image qui traduit, selon lui, la nécessité pour le Sénégal de ne pas compter exclusivement sur l’appui des partenaires extérieurs.

Pour l’économiste, la réussite de la nouvelle trajectoire économique dépendra avant tout de la rigueur dans la gestion publique, de la bonne exécution des réformes, d’une gestion pragmatique de la dette et de la valorisation des compétences nationales.

 

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