FONDS POLITIQUES : ABDOU MBOW DÉNONCE L’« INCOMPÉTENCE » DES DÉPUTÉS DE PASTEF

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La décision du Conseil constitutionnel de déclarer irrecevables les propositions de loi déposées par des députés de Pastef visant à encadrer les fonds politiques continue d’alimenter les réactions dans l’opposition. Député de l’Alliance pour la République (APR), Abdou Mbow estime que la décision des « Sept Sages » est juridiquement fondée et accuse la majorité parlementaire de méconnaître les règles de la législation.
Selon l’ancien parlementaire, les députés doivent respecter une distinction fondamentale entre le domaine de la loi et celui du règlement. « Lorsqu’on est député, il y a des règles à respecter. On ne peut pas prendre ce qui relève du domaine normatif, c’est-à-dire là où l’on doit élaborer des lois, et le mélanger avec ce qui relève du domaine réglementaire pour l’intégrer dans le domaine de la loi », a-t-il expliqué.
Pour Abdou Mbow, le Conseil constitutionnel était donc pleinement dans son rôle en déclarant les textes irrecevables. « Le Conseil constitutionnel était dans son droit, et ce qu’il a fait est juste. On ne peut pas mélanger ces deux domaines dans une même loi et s’attendre à ce qu’elle passe. C’est impossible », a-t-il martelé.
« ILS SONT INCOMPÉTENTS, ILS NE SAVENT RIEN »
Au-delà de l’argument juridique, Abdou Mbow s’est livré à une sévère critique du niveau de maîtrise des procédures législatives par les députés de Pastef.
« C’est encore ce que je leur dis souvent : ils sont incompétents, ils ne savent rien et n’ont pas de connaissances », a-t-il lancé.
Le responsable de l’APR insiste sur la nécessité, pour les parlementaires, de maîtriser les règles qui encadrent leur fonction. « Quand on veut légiférer, le minimum, c’est de savoir ce que la loi doit régir et ce que le domaine réglementaire doit régir », a-t-il ajouté.
Il voit également dans la répétition des rejets un signe révélateur. « Si c’est la première fois dans l’histoire du Sénégal qu’on voit une majorité parlementaire déposer trois fois des propositions de loi, et que trois fois le Conseil constitutionnel rejette ces lois comme non conformes, c’est parce qu’ils doivent apprendre ! », a-t-il déclaré.
« ILS DOIVENT CHERCHER LE SAVOIR »
Pour Abdou Mbow, la majorité parlementaire devrait davantage renforcer ses compétences avant de multiplier les initiatives législatives. « Ils doivent chercher le savoir et comprendre comment on légifère. On ne dirige pas un pays de manière brouillonne », a-t-il soutenu.
Revenant sur ses précédentes déclarations, dans lesquelles il accusait les députés de Pastef d’être « habitués à la honte », le député de l’APR a maintenu ses propos.
« Tu sais pourquoi je dis qu’ils sont habitués à la honte ? Parce qu’on ne peut pas prétendre être la majorité parlementaire, soutenir qu’on a 4 000 cadres, arriver à l’Assemblée nationale et être incapable de rédiger une seule bonne loi ! », a-t-il affirmé.
Abdou Mbow dit désormais avoir renoncé à leur prodiguer des conseils. « C’est pour cela que les Sénégalais doivent m’accorder une chose aujourd’hui : je ne vais plus leur donner de conseils. Parce qu’ils sont têtus, ils manquent de connaissances et ils n’écoutent pas », a-t-il déclaré.
L’APR ACCUSE LA MAJORITÉ DE « DÉSTRUCTURER » LE PAYS
Dans son réquisitoire, Abdou Mbow élargit également ses critiques à la gestion du pays par la majorité. Il accuse Pastef d’avoir « déstructuré » plusieurs secteurs et met particulièrement en garde contre ce qu’il considère comme une fragilisation des institutions.
« En plus de cela, ils ont détruit ce qui faisait la force du pays. Après avoir déstructuré l’économie du pays, s’ils s’attaquent maintenant à ce qu’il nous reste d’institutions, je pense que tous les Sénégalais doivent se lever et prendre conscience », a-t-il déclaré.
Le responsable de l’APR accuse enfin la majorité au pouvoir d’être à la fois « populiste » et « manipulatrice ». « Non seulement ce sont des populistes, mais ce sont aussi des manipulateurs. Si on leur laisse le pays, la direction qu’ils prennent nous mènera à notre perte », a-t-il conclu.
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