CYBERSÉCURITÉ : EL MALICK NDIAYE PLAIDE POUR UNE NOUVELLE CULTURE NUMÉRIQUE AU SEIN DE L’ADMINISTRATION

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La transformation numérique de l’administration sénégalaise doit désormais s’accompagner d’un renforcement significatif de la culture de la cybersécurité. C’est le message porté jeudi à l’Assemblée nationale par le 1ᵉʳ vice-président de l’institution, El Malick Ndiaye, à l’occasion de l’examen du projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique.
Au-delà du renforcement du cadre juridique, le parlementaire estime que la protection du patrimoine numérique de l’État doit devenir une responsabilité partagée par l’ensemble des agents publics.
LA SENSIBILISATION AU CŒUR DE LA STRATÉGIE
Pour El Malick Ndiaye, la cybersécurité ne saurait être considérée comme une compétence réservée aux informaticiens. Elle doit progressivement s’imposer comme une composante normale du fonctionnement de l’administration publique.
Il préconise ainsi l’instauration d’un module obligatoire de sensibilisation à la cybersécurité et à la protection des données pour tout nouvel agent public, accompagné de sessions régulières de mise à niveau.
Cette démarche concernerait l’ensemble de l’appareil administratif, des ministères aux services déconcentrés, en passant par les collectivités territoriales et les établissements publics.
L’objectif est de réduire les risques liés aux erreurs humaines, aux mauvaises pratiques numériques et aux comportements susceptibles de fragiliser les systèmes d’information de l’État.
PROTÉGER LES DONNÉES STRATÉGIQUES DE L’ÉTAT
Le 1ᵉʳ vice-président de l’Assemblée nationale a également attiré l’attention sur la circulation des documents administratifs sensibles.
Selon lui, le recours à des adresses électroniques personnelles, aux messageries instantanées ou à des plateformes échappant au contrôle de l’administration expose potentiellement les informations publiques à des risques de fuite ou de compromission.
Pour inverser cette tendance, il propose que chaque agent de l’État dispose d’une messagerie professionnelle sécurisée, tandis que les documents sensibles devraient être échangés exclusivement à travers des infrastructures institutionnelles maîtrisées.
Cette exigence participerait, selon lui, à renforcer la souveraineté numérique de l’État et à mieux protéger les informations stratégiques.
TÉLÉPHONES ET ORDINATEURS : DES POINTS DE VULNÉRABILITÉ
Autre préoccupation soulevée lors des débats : la sécurité des équipements utilisés quotidiennement par les agents publics.
El Malick Ndiaye considère qu’un téléphone ou un ordinateur professionnel perdu, volé ou compromis peut devenir une porte d’entrée vers des courriels, des documents, des contacts et d’autres données confidentielles.
Il appelle donc à l’adoption de normes minimales obligatoires pour les équipements professionnels. Celles-ci devraient notamment intégrer l’authentification renforcée, le chiffrement des données, les mises à jour régulières, la sauvegarde sécurisée et la possibilité d’effacer à distance les informations professionnelles en cas de perte ou de vol.
VERS UNE APPROCHE GLOBALE DE LA SÉCURITÉ NUMÉRIQUE
À travers ces propositions, le parlementaire invite à dépasser une approche limitée à la seule protection technique des infrastructures.
Pour lui, la sécurité numérique repose également sur les comportements, les procédures internes et la formation des utilisateurs. La cybersécurité doit ainsi devenir un réflexe administratif au même titre que les autres règles de fonctionnement du service public.
L’examen du projet de loi n°25/2026 intervient dans un contexte où la numérisation croissante des services publics accroît parallèlement l’exposition de l’État aux cybermenaces.
Les députés poursuivent également leurs travaux sur la ratification de propositions de résolution relatives à la création de commissions d’enquête.
À travers les débats engagés sur la sécurité numérique, l’Assemblée nationale met ainsi en avant un enjeu désormais stratégique : protéger les infrastructures critiques, mais aussi les données, les équipements et surtout les pratiques humaines qui constituent la première ligne de défense de l’administration sénégalaise.
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