FONDS SPÉCIAUX : SONKO MET LA PRESSION POUR IMPOSER LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE

17/08/2026 Djibril Diallo 645
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Le débat sur le régime juridique des crédits spéciaux prend une nouvelle dimension à l’approche de l’examen de la proposition de loi n°34/2026 à l’Assemblée nationale. Dans un entretien accordé à Walf TV, Sud FM, Solo Media Group et Xalaat TV, le président de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a réaffirmé l’engagement de son parti en faveur de l’encadrement et du contrôle des fonds spéciaux.

 

Pour le leader de Pastef, ces ressources constituent des deniers publics et doivent, à ce titre, être soumises à des règles de transparence. « En démocratie, tout budget doit être contrôlé et soumis à des règles de transparence. Les fonds politiques doivent être encadrés et contrôlés », a-t-il déclaré.

 

Ousmane Sonko rappelle que cette position ne constitue pas une orientation nouvelle pour son parti. Selon lui, l’encadrement des fonds spéciaux figure dans les engagements programmatiques de Pastef depuis sa création en 2014. Il cite notamment le programme « Jotna » porté lors de la présidentielle de 2019, puis le programme du candidat Bassirou Diomaye Faye en 2024.

 

Le président de Pastef affirme également que son parti avait proposé de supprimer les fonds dits « politiques » pour les remplacer par des fonds spéciaux destinés exclusivement à certaines opérations sensibles, avec un mécanisme de contrôle par l’Assemblée nationale.

 

SONKO INVOQUE DES RÉFÉRENCES INTERNATIONALES

 

Pour étayer sa position, Ousmane Sonko s’est référé au modèle français. Il affirme que les fonds spéciaux en France font l’objet d’un contrôle depuis 2001 et ne sont pas directement logés à la Présidence de la République.

 

Le leader de Pastef a également évoqué l’existence de fonds politiques au niveau de la Primature au Sénégal. Il a notamment brandi un décret signé en 2004 par l’ancien président Abdoulaye Wade pour appuyer son propos.

 

Cette intervention intervient alors que le gouvernement a proposé une nouvelle rédaction de l’article premier de la proposition de loi relative au régime juridique des crédits spéciaux. L’amendement présenté par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, vise notamment à préciser que les crédits concernés sont ceux alloués à la Présidence de la République, à l’Assemblée nationale et à la Primature, tout en renvoyant les modalités de contrôle à un décret.

 

DES DIVERGENCES AVEC LE CHEF DE L’ÉTAT

 

Au cours de l’entretien, Ousmane Sonko est également revenu sur ses relations avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Il a affirmé que les divergences entre les deux hommes ne seraient pas liées à une opposition politique, mais à des désaccords portant notamment sur la transparence, la bonne gouvernance et la souveraineté sur les ressources nationales.

 

« Mon problème avec le chef de l’État n’est pas lié à la politique », a-t-il soutenu, mettant ainsi l’accent sur les principes de gouvernance au cœur de ses positions actuelles.

 

L’ASSEMBLÉE NATIONALE AU CŒUR DU DÉBAT PUBLIC

 

Ousmane Sonko a également défendu la nouvelle dynamique de l’Assemblée nationale, dont il assure désormais la présidence. Il a salué le bilan de son prédécesseur, El Malick Ndiaye, notamment dans les domaines de la modernisation et de la bonne gouvernance.

 

Il estime toutefois que les propositions de loi et les missions d’enquête parlementaires sont longtemps restées parmi les domaines les moins développés du travail parlementaire. Pour lui, le renforcement de ces mécanismes permet aux députés de remettre l’Assemblée nationale « au cœur du débat public et de l’action publique ».

 

À l’ouverture des débats sur les crédits spéciaux, la position affichée par Ousmane Sonko confirme ainsi la volonté de Pastef de faire de la transparence et du contrôle parlementaire des ressources publiques un axe majeur de sa doctrine de gouvernance. Le débat en plénière devra désormais déterminer jusqu’où ira cet encadrement et quelles seront les modalités concrètes du contrôle des crédits spéciaux.

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