CRISE FRONTALIÈRE SÉNÉGAL-GAMBIE : BANJUL RECONNAÎT QUE DES AGRICULTEURS GAMBIENS EXPLOITENT DES TERRES EN TERRITOIRE SÉNÉGALAIS

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La crise frontalière entre le Sénégal et la Gambie, déclenchée à la mi-juillet, a directement affecté plusieurs agriculteurs gambiens installés le long de la frontière entre les deux pays. Ces derniers avaient été sommés par les Forces armées sénégalaises de quitter leurs exploitations, au motif que leurs activités se déroulaient sur le territoire sénégalais.
Une situation qui, selon les autorités gambiennes, était connue de longue date et reposait sur un arrangement tacite entre les communautés riveraines.
UN ACCORD TACITE VIEUX DE PLUSIEURS DÉCENNIES
Les négociations engagées entre Dakar et Banjul ont finalement permis aux agriculteurs concernés de retourner dans leurs plantations. Mais du côté gambien, les autorités reconnaissent désormais que ces exploitations ne se trouvent pas sur le territoire de la Gambie.
Le ministre gambien de l’Information, Ismaila Ceesay, l’a clairement indiqué lors d’une intervention sur West Coast Radio au cours de la semaine écoulée.
« La plupart des agriculteurs empêchés de cultiver leurs terres se trouvent en territoire sénégalais », a-t-il déclaré, expliquant qu’un accord tacite existait depuis plusieurs décennies entre les communautés des deux côtés de la frontière.
Selon le ministre, cet arrangement permettait aux agriculteurs gambiens de traverser la frontière pour rejoindre leurs champs situés au Sénégal et d’y mener leurs activités agricoles.
BANJUL VEUT PRÉSERVER LES MOYENS DE SUBSISTANCE
Face aux perturbations provoquées par la crise, les autorités gambiennes ont entrepris d’identifier l’ensemble des agriculteurs concernés afin d’évaluer les conséquences de la fermeture ou de l’interdiction d’accès à leurs exploitations.
Banjul entend également mesurer l’ampleur des pertes enregistrées et déterminer les formes de soutien susceptibles d’être apportées aux communautés agricoles affectées.
Cette situation met en lumière la complexité de la gestion de la frontière sénégalo-gambienne, où les populations riveraines entretiennent depuis des décennies des liens économiques et sociaux qui dépassent parfois les limites administratives entre les deux États.
La reconnaissance publique du gouvernement gambien pourrait ainsi contribuer à clarifier la situation et à favoriser la recherche d’un cadre plus formel pour les activités agricoles transfrontalières, afin d’éviter que de nouvelles tensions ne viennent perturber les moyens de subsistance des populations concernées.
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