MOSQUÉE MASSALIKOUL JINANE : « RIEN N’EST ET NE SERA NI TROP BEAU, NI TROP CHER POUR HONORER CHEIKH AHMADOU BAMBA KHADIMOU RASSOUL… »

01/08/2026 Djibril Diallo 705
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Par MODIBO DIOP

À quelques jours de l’inauguration de la majestueuse mosquée Massalikoul Jinane, les hommages et témoignages consacrés à Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul se multiplient. À travers cet édifice religieux, la communauté mouride s’apprête à célébrer non seulement un haut lieu de culte, mais également une œuvre qui symbolise, aux yeux de ses fidèles, l’héritage spirituel, intellectuel et social du fondateur du Mouridisme.

En octobre 1913, l’administration coloniale française nomma Antoine Arthur Lasselves administrateur du Cercle de Diourbel. Sa principale mission consistait alors à enquêter sur Cheikh Ahmadou Bamba, qui se trouvait en résidence surveillée depuis son retour de Mauritanie.

Les méthodes d’investigation du commandant de cercle étaient particulièrement intrusives. Il n’hésitait pas à franchir, à toute heure, les clôtures de Keur Gou Mag, dans le but d’observer le Cheikh dans ses activités quotidiennes, que certains de ses prédécesseurs avaient présentées comme potentiellement subversives.

Cette attitude finit par susciter l’indignation de plusieurs disciples mourides, qui s’en ouvrirent à Cheikh Ahmadou Bamba. Le Cheikh, fidèle à sa sagesse, leur aurait alors demandé de laisser faire le représentant de l’administration coloniale. Pour lui, ce dernier pouvait être considéré comme un instrument de la volonté divine, appelé à contribuer, par son enquête, à laver le Mouridisme et son guide spirituel des accusations et soupçons dont ils faisaient l’objet.

À la fin de sa mission, en novembre 1915, le commandant Lasselves aurait livré un témoignage particulièrement élogieux sur la personnalité et le rayonnement de Cheikh Ahmadou Bamba. Il décrit notamment une personnalité dont l’influence dépassait, selon lui, les explications rationnelles, soulignant l’attachement exceptionnel que lui vouaient ses disciples et la profondeur de leur amour à son égard.

Dans son témoignage, il met également en avant la pureté de cœur, la bonté, la grandeur d’âme et l’amour du Cheikh, aussi bien envers ses amis qu’envers ses adversaires. Il rejette par ailleurs les accusations selon lesquelles Cheikh Ahmadou Bamba aurait nourri des ambitions de pouvoir temporel.

Le parcours de Cheikh Ahmadou Bamba en Mauritanie constitue également, selon Modibo Diop, un autre témoignage de son rayonnement intellectuel et spirituel. Après son retour d’exil du Gabon, le fondateur du Mouridisme séjourna en Mauritanie de 1903 à 1907, au contact de grands érudits et soufis arabes de son époque.

Durant cette période, il aurait été confronté à de nombreux savants qui cherchèrent à éprouver ses connaissances et ses capacités spirituelles. Selon plusieurs récits, ces échanges auraient contribué à renforcer sa réputation auprès des grandes figures religieuses de la région.

Parmi les témoignages cités figure celui attribué au Waliou Cheikh Sidia Baba, qui présente Cheikh Ahmadou Bamba comme un bienfait accordé par Dieu à l’humanité. Dans ce récit, le saint mauritanien met en avant sa bonté, sa piété, sa générosité, son savoir et son attachement à l’aide envers autrui.

Pour Modibo Diop, ces différents témoignages, provenant aussi bien de personnalités occidentales que d’érudits musulmans, constituent des éléments importants pour comprendre le rayonnement historique et spirituel de Cheikh Ahmadou Bamba.

L’auteur s’inscrit ainsi en faux contre les critiques formulées à l’encontre du fondateur du Mouridisme, notamment celles attribuées à Jean Michel Cadenas. Il défend l’idée selon laquelle Cheikh Ahmadou Bamba représente une source de fierté et de bénédiction pour le Sénégal, l’Afrique et, plus largement, pour l’humanité.

« Khadimou Rassoul est une fierté et une bénédiction pour le Sénégal, pour l’Afrique et pour l’Humanité », soutient-il, estimant que son héritage spirituel et sa vision du développement peuvent continuer à inspirer les générations actuelles et futures.

Dans cette réflexion, l’auteur évoque également l’histoire de la France et les réalisations de l’ingénieur Gustave Eiffel, notamment la construction de la Tour Eiffel en 1889 et d’autres ouvrages emblématiques. Une manière, selon lui, de rappeler que les grandes réalisations humaines sont souvent le fruit d’une vision, d’une ambition et d’une mobilisation collective.

« RIEN N’EST ET NE SERA NI TROP BEAU, NI TROP CHER POUR HONORER CHEIKH AHMADOU BAMBA KHADIMOU RASSOUL… »

Cette phrase résume, selon Modibo Diop, la symbolique attachée à la construction de la mosquée Massalikoul Jinane. L’édifice devrait ainsi s’inscrire dans la continuité de la vision spirituelle et sociale attribuée à Cheikh Ahmadou Bamba, tout en constituant un symbole majeur du développement économique et social porté par la communauté mouride.

À travers cette réalisation, l’auteur voit également un modèle de mobilisation communautaire et de développement dont les institutions financières internationales et les dirigeants africains pourraient, selon lui, tirer des enseignements pour accompagner la transformation du continent.

À l’approche de l’inauguration de ce grand édifice religieux, Modibo Diop adresse ses félicitations à la communauté mouride et à l’ensemble de la Oummah islamique. Il formule également des prières pour la longévité et la bénédiction de Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, Khalife général des mourides, tout en rendant hommage à ses illustres prédécesseurs, notamment Serigne Saliou Mbacké, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké et El Hadji Mouhamadou Lamine Bara Falilou Mbacké.

Il salue enfin l’engagement du Dieuwrigne El Hadji Mbackiou Faye et de l’ensemble des équipes ayant contribué à la réalisation de ce projet.

Pour l’auteur, Massalikoul Jinane restera ainsi, au-delà de sa dimension architecturale et religieuse, un témoignage durable de la foi, de la solidarité et de la capacité de mobilisation de la communauté mouride. Une œuvre appelée, selon lui, à traverser les générations et à porter le message spirituel de Cheikh Ahmadou Bamba au Sénégal, en Afrique et dans le monde.

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