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Au cœur de l’actualité politique sénégalaise, les avant-projets de lois issus des dialogues nationaux alimentent débats et prises de position. Face à cette dynamique, la coalition Diomaye a tenu une conférence de presse ce lundi 27 avril 2026 pour clarifier sa démarche. Aminata Touré et Abdoulaye Tine ont défendu un texte qu’ils inscrivent dans un “discours de la méthode”, fondé sur la transparence, l’inclusivité et le respect des normes démocratiques.
Adossée au communiqué officiel de la Présidence de la République rendu public le 27 avril 2026 à Dakar, la sortie de la coalition Diomaye intervient dans un contexte où les réformes institutionnelles franchissent un cap décisif. Le document présidentiel annonce en effet la finalisation de plusieurs avant-projets majeurs : révision constitutionnelle, loi organique sur la Cour constitutionnelle, réforme du Code électoral avec la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi que la refonte du cadre des partis politiques.

C’est dans ce climat que la coalition a choisi de prendre la parole, non seulement pour défendre le contenu des réformes, mais surtout pour en expliquer la philosophie.
Aminata Touré : la centralité du “discours de la méthode”
D’entrée de jeu, Aminata Touré a structuré son intervention autour de ce qu’elle a qualifié de véritable “discours de la méthode”. Pour elle, l’enjeu dépasse largement les textes eux-mêmes : il s’agit de transformer durablement la manière de gouverner. Elle a articulé cette méthode autour de trois axes majeurs :
La transparence, avec la mise à disposition des avant-projets sur une plateforme numérique accessible au public ; La concertation, fruit des dialogues nationaux inclusifs menés en 2024 et 2025 ; Le respect des procédures institutionnelles, garantissant la légitimité juridique des réformes.
Selon elle, cette démarche marque une rupture nette avec certaines pratiques du passé :
« Il ne s’agit pas d’imposer une réforme, mais de la construire avec méthode, responsabilité et ouverture. »
Elle a également insisté sur la nécessité de désamorcer les tensions politiques, appelant à un débat fondé sur des arguments et non sur des postures. Pour Aminata Touré, juger ces réformes exige une lecture rigoureuse des textes et non une interprétation biaisée par les clivages partisans. Autre point fort de son intervention : l’inscription des réformes dans le temps long. Elle a mis en garde contre toute précipitation, estimant que la consolidation de l’État de droit exige méthode, patience et cohérence.
Une réponse aux critiques et à la défiance
Face aux critiques de l’opposition, Aminata Touré a dénoncé ce qu’elle considère comme une tentative de politisation excessive du débat. Elle a plaidé pour un recentrage sur l’intérêt général, affirmant que ces réformes visent avant tout à renforcer : la crédibilité des institutions, la transparence électorale, et la participation citoyenne.
Abdoulaye Tine : une lecture juridique et démocratique.
Prenant la parole à son tour, Abdoulaye Tine a apporté une analyse plus technique. Il a salué la cohérence de la démarche présentée, qu’il considère comme un socle de sécurité juridique. Il a rappelé que tout avant-projet doit être examiné à l’aune : de la Constitution, des principes démocratiques fondamentaux, et des standards internationaux en matière d’État de droit. Dans cette optique, il a plaidé pour un débat inclusif et apaisé au sein de l’Assemblée nationale, où majorité et opposition pourraient confronter leurs visions sans crispation.

Me Tine a également insisté sur le rôle clé du citoyen : « La qualité du processus législatif dépend aussi du niveau d’information et d’engagement des citoyens. »
Une stratégie de légitimation politique.
À travers cette conférence de presse, la coalition Diomaye affiche une stratégie claire : maîtriser le récit autour des réformes en mettant en avant non seulement leur contenu, mais surtout la rigueur de leur élaboration.
Le communiqué de la Présidence insiste d’ailleurs sur la participation des forces vives de la Nation, des experts et d’un comité de relecture impliquant le gouvernement et l’Assemblée nationale. Une manière de consolider la légitimité du processus. Entre réforme et pédagogie politique. En définitive, cette sortie médiatique révèle une double ambition :
faire accepter les réformes, et instaurer une nouvelle culture de gouvernance fondée sur la méthode.
Dans un contexte où chaque initiative institutionnelle est scrutée, la coalition Diomaye tente ainsi de rassurer l’opinion publique et de poser les bases d’un débat démocratique apaisé.
Reste à savoir si cette “méthode” revendiquée suffira à convaincre une opposition vigilante et une société civile exigeante.
Assane Diop



