![]()
Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, ce jeudi, la récupération par l’État du bloc gazier Yakaar Teranga, situé au large de Cayar, jusque-là exploité par la compagnie américaine Kosmos Energy. Présentée comme une victoire diplomatique et économique majeure, cette décision intervient après plusieurs mois de négociations menées dans la discrétion.
Mais derrière cette annonce, les coulisses du dossier suscitent déjà débats et interrogations.
UNE RENÉGOCIATION ENGAGÉE DÈS 2024
Dès son arrivée au pouvoir, Ousmane Sonko avait engagé une réforme ambitieuse du secteur extractif. En collaboration avec PETROSEN, une commission chargée de réexaminer les contrats pétroliers et gaziers jugés défavorables aux intérêts nationaux avait été mise en place.
Le bloc Yakaar Teranga figurait parmi les dossiers prioritaires.
Selon Aliou Gueye, la feuille de route était sans équivoque :
« En 2024, le Premier ministre nous avait confié une mission de renégociation des contrats. Le dossier Yakaar Teranga en faisait partie. L’objectif était de récupérer la licence. Mais comment le récupérer, c’était le dilemme. »
UNE POLÉMIQUE SUR LES CONDITIONS DU RETRAIT DE KOSMOS
À la suite de cette annonce, des rumeurs ont émergé, suggérant que Kosmos Energy se serait retirée volontairement du projet, ce qui relativiserait le rôle du gouvernement sénégalais dans cette issue.
Une version fermement contestée par la direction de PETROSEN. Son directeur, Aliou Gueye, a tenu à rétablir la chronologie des faits, affirmant que le retrait est le résultat d’un processus de négociation complexe, piloté par les autorités sénégalaises.
UN ENJEU STRATÉGIQUE POUR LA SOUVERAINETÉ ÉNERGÉTIQUE
La récupération du bloc Yakaar Teranga représente un tournant majeur pour le Sénégal, dans un contexte où la maîtrise des ressources naturelles est au cœur des politiques publiques.
Au-delà de l’aspect économique, cette décision s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la souveraineté énergétique du pays et de maximiser les retombées pour les populations.
Reste désormais à savoir quelles seront les prochaines étapes : relance du projet sous contrôle national, recherche de nouveaux partenaires, ou redéfinition complète du modèle d’exploitation.



