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Ce mardi 3 mars, l’hémicycle a été le lieu d’échanges passionnés lors de l’examen en séance plénière du projet de loi portant création du Comité national de régulation des médias (CNRM). Parmi les voix les plus critiques s’est distinguée celle du député Thierno Alassane Sall, qui a vigoureusement contesté l’architecture et l’esprit du texte proposé.
« Un conseil de répression plus que de régulation »
Dans son intervention, Thierno Alassane Sall a déclaré que le futur CNRM « n’est pas un conseil de régulation, mais un conseil de répression de la presse ». Il a fait valoir que le projet confère une place disproportionnée aux mécanismes de sanction, au détriment des missions d’encadrement, de médiation et d’accompagnement du secteur des médias.
Le député a souligné la faculté accordée au CNRM d’infliger des sanctions pécuniaires, en plus des sanctions pénales déjà existantes. Selon lui, cette accumulation ouvre la voie à un « climat de crainte » au sein des rédactions, influençant ainsi les choix éditoriaux.
« Certaines dispositions pourraient conduire à ce que les médias réfléchissent à deux fois avant d’inviter des personnes ressources susceptibles de provoquer des dérives », a-t-il averti, arguant que cela pourrait nuire à la liberté éditoriale et à la vitalité du débat public.
Des allégations alarmantes
Thierno Alassane Sall a également évoqué une « inégalité de traitement » dans la délivrance des licences, rappelant que certains médias ayant diffusé par le passé des contenus controversés continuent d’exercer sans encombre.
Il a mentionné que des groupes de presse privés subiraient des pressions si intenses que certains auraient renoncé à déposer une demande d’aide à la presse. Ces allégations, bien que considérées comme faisant partie intégrante du débat parlementaire, n’ont pas été officiellement confirmées par les structures concernées.
Le député a enfin fait référence à l’affaire des fichiers présumés piratés à la Direction de l’administration et des finances (DAF), ainsi qu’à des accusations concernant des véhicules de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise offerts au journaliste Pape Alé Niang. « Des accusations graves qui demandent des clarifications », a-t-il conclut, insistant sur la nécessité de transparence.
Un projet en débat
Le projet de loi visant à créer le CNRM, présenté comme un outil de modernisation et de structuration du paysage médiatique, suscite des réactions divergentes. Entre le besoin de régulation et les craintes d’un encadrement excessif, les discussions au sein du parlement s’annoncent animées. La question de l’équilibre entre responsabilité et liberté de la presse reste ainsi au cœur des débats démocratiques, essentielle pour l’avenir de la liberté d’expression au Sénégal.



