DERBY SÉNÉGAL-MALI EN QUART DE FINALE DE LA CAN 2025

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Sur la pelouse du stade Ibn Batouta de Tanger, les Lions devront répondre à un adversaire voisin, coriace et sans complexe. En tribune et dans les salles de rédaction, le match a déjà commencé. Entre souvenirs d’archives, rivalité assumée et analyses aiguisées, des journalistes sénégalais racontent un quart de finale pas tout à fait comme les autres et qui dépasse largement le cadre du terrain.

Dans les couloirs du stade comme autour des tables de rédaction, un même mot revient : **derby**. Pas seulement parce que Dakar et Bamako se font face, mais parce que l’histoire sportive entre les deux pays s’est construite dans la confrontation. « Un match âprement disputé », prévient le docteur Mamadou Koumé. Pour le journaliste, ancien directeur de l’Agence de presse sénégalaise (APS) et ancien président de l’ANPS, le Mali version 2025 avance masqué. « C’est une équipe très réaliste qui, sans gagner un seul de ses quatre matches, parvient à atteindre les quarts de finale. Elle n’a rien à perdre. » Et donc tout à tenter.

UN DANGER MALIEN TOUT AUTOUR

Le constat est partagé : le danger malien réside autant dans son organisation que dans la pression psychologique qu’il renvoie. « Ce sera aux Lions de bien entrer dans le match, contrairement à ce qu’ils n’ont pas réussi face aux Congolais de la RDC et aux Soudanais », insiste Dr Koumé, auteur de l’ouvrage *Les Lions et la CAN de football : le roman d’une passion sénégalaise* paru très récemment.

Une entame manquée, dans un derby, peut coûter très cher. Mais chez lui, l’analyse glisse rapidement vers l’histoire. La rivalité ne date pas d’hier. « Le Sénégal a éliminé le Mali de la vedette naissante Salif Keita pour se qualifier à sa première CAN en 1965 », rappelle-t-il. Une sélection entrée dans la légende sous le nom de l’équipe d’Alassane Ndiaye « Allou », du nom de ce célèbre journaliste qui avait inspiré la composition.

DES SOUVENIRS RAVIVENT LA RIVALITÉ

« Il y a eu aussi le tournoi Cabral de la Zone 2, où les oppositions Sénégal–Mali étaient toujours très disputées. Mais au palmarès, le Sénégal a gagné huit fois contre trois face au Mali ». Directeur de publication du quotidien sportif *Record*, Hubert Mbengue confirme cette rivalité ancienne, nourrie par des souvenirs plus récents. Il évoque notamment un match amical resté dans les mémoires. « Peut-être la réaction du staff et des joueurs du Mali après la défaite en amical contre le Sénégal au stade LSS, en mars 2019. Ils ont mené au score jusque dans les derniers instants du match. Mais les Lions vont renverser la vapeur (2-1) avec l’entrée en jeu de Sadio Mané qui a marqué et servi une passe décisive à Moussa Konaté. »

UNE BATAILLE ANNONCÉE

M. Mbengue reste prudent. « À ce stade de la compétition, tous les matches sont difficiles, surtout pour les équipes favorites ». Et face à un voisin, l’équation se complique. « Même si le Sénégal est un cran au-dessus au regard des performances ou du ranking FIFA, l’adversité sera âpre. »

Il nuance cependant la crainte. « Cette équipe du Mali me semble moins outillée que celle qui avait disputé les quarts à la CAN 2024. Elle n’a perdu aucun match, mais elle n’en a pas gagné non plus. » D’où l’importance, encore une fois, de l’entame.

François Amath Diouf, du *Journal de Dakar*, élargit encore le regard. « Les oppositions entre le Sénégal et le Mali n’ont jamais été faciles, toutes disciplines confondues. » Il s’attend à « une véritable bataille physique et tactique », face à « des Maliens en pleine confiance après leur qualification héroïque ».

UNE RIVALITÉ HISTORIQUE

Vendredi, les reporters n’entreront pas sur la pelouse. Mais ils savent une chose : Sénégal–Mali n’est jamais un match comme les autres. C’est un derby où l’histoire pèse autant que le présent. Et où le moindre relâchement peut se payer comptant.