LE COÛT RÉEL DU TER DÉVOILÉ : 1 200 MILLIARDS FCFA, UN PROJET AUX TERMES CONTESTÉS

17/03/2025 Djibril Diallo 2
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Les révélations du ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, sur le coût réel du Train Express Régional (TER) relancent le débat sur la gestion de ce projet phare. Hier, lors de l’émission *Opinion*, le ministre a confirmé que le coût officiel du TER s’élève à 1 200 milliards de FCFA, hors taxes, un montant bien supérieur aux 500 milliards de FCFA initialement annoncés par l’ancien régime dirigé par Macky Sall. Une information qui confirme les critiques formulées par Ousmane Sonko, alors dans l’opposition.

« Nous avons toujours dénoncé le fait qu’investir 1 200 milliards de FCFA dans ce projet n’était pas opportun », a rappelé le Premier ministre, soulignant que cette somme ne comprend même pas les taxes associées. Ces déclarations relancent les interrogations sur la gestion financière du TER, d’autant plus que des alternatives moins coûteuses et plus stratégiques auraient pu être envisagées.

Un contrat désavantageux pour le Sénégal

Le ministre a également dévoilé des détails préoccupants sur le contrat liant le Sénégal à la société exploitante du TER. Selon lui, le contrat a été « bunkerisé », garantissant un seuil de rentabilité en dessous duquel l’État sénégalais doit compenser les pertes. « Cela signifie que, quelle que soit la situation, si ce seuil n’est pas atteint, c’est l’État qui assumera les déficits », a expliqué Yankhoba Diémé. Une clause qui place l’ensemble du risque financier sur les épaules du Sénégal.

Une alternative négligée : le projet Dakar-Tambacounda

Pire encore, le ministre a révélé qu’au moment où le TER était en cours de réalisation, le Sénégal avait signé un contrat avec une société turque pour la construction d’une voie ferrée à écartement standard, similaire à celle du TER, reliant Dakar à Tambacounda, avec un port intégré. Ce projet, qui visait à réduire les accidents et à permettre aux camions maliens de s’arrêter à Tambacounda, a été mis de côté, alors qu’il aurait pu être réalisé pour un montant comparable à celui du TER.

Au lieu de cela, les autorités de l’époque ont opté pour la construction du TER sur une distance de seulement 36 km (ou 50 km en incluant l’Aéroport International Blaise Diagne), pour un coût faramineux de 1 200 milliards de FCFA, voire plus avec les taxes. Une décision qui continue de susciter des interrogations.

Les critiques d’Ousmane Sonko confirmées

Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre, avait vivement critiqué le montage financier du TER lorsqu’il était dans l’opposition. « Nous avons très tôt dénoncé ce scandale financier. Alors que l’État parlait de 500 milliards de FCFA, j’ai démontré que le coût réel était de 1 200 milliards de FCFA. Et pour inaugurer le TER, la France a imposé à Macky Sall un nouvel avenant de 150 millions d’euros (environ 98 milliards de FCFA) », avait-il déclaré.

Aujourd’hui, ces révélations confirment ses craintes et soulèvent de nouvelles questions sur la gestion du projet. Alors que le Sénégal s’apprête à inaugurer le tronçon Dakar-AIBD, les termes du contrat et les alternatives négligées continuent d’alimenter les débats sur la transparence et l’efficacité des investissements publics.

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